Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/209

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mêmes heures ; en effet, les variations fortuites existent pour eux aussi bien que pour chaque individu, mais elles se détruisent les unes les autres, et si on prend le total de nourriture consommée par ce groupe uniforme d’individus, soit après un travail intellectuel assidu, soit après un repos prolongé, il est très probable que la différence de la consommation exprimera l’influence produite par le travail intellectuel.

Il faut, bien entendu, que les conditions soient aussi comparables que possible dans les deux cas ; il faut refaire l’expérience plusieurs fois, et c’est seulement si les résultats concordent qu’on pourra affirmer avec certitude que l’on a trouvé une certaine influence produite par le travail intellectuel sur la nutrition.

La première des conditions, c’est de donner la même nourriture toutes les fois ; elle doit non seulement avoir la même composition, mais de plus il faut qu’elle soit préparée toujours de la même manière. Ajoutons que cette nourriture ne doit pas être limitée en quantité, il faut qu’elle soit à discrétion ; ce n’est qu’à cette condition que l’on verra si l’on a plus ou moins mangé après le travail intellectuel.

Les premières recherches faites par l’un de nous (Binet), d’après cette méthode, ont donné des résultats intéressants que nous rapporterons plus loin. Avant d’en parler, indiquons la seconde méthode ; elle est plus ancienne que celle que nous venons de décrire : c’est l’étude de la sécrétion urinaire.

La sécrétion urinaire. — On sait que lorsqu’un organe quelconque fonctionne, il se forme dans cet organe des produits de désassimilation ; des substances chimiques nuisibles à l’organisme s’accumulent dans cet organe ; le sang enlève ces substances nuisibles, ces poisons de l’organisme, comme on les appelle, il les entraîne avec lui et les met en contact avec les parois de certaines glandes, dont les plus