Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/23

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sujets se surexcite parfois à un degré extraordinaire. Eh bien, même alors, les effets du surmenage ne se manifestent nulle part. Ce qu’on observe, en dehors de quelques légers traumatismes, ce sont des rhumes, des bronchites, des angines, des douleurs rhumatismales, des fièvres éruptives, des fièvres muqueuses, devenues excessivement rares depuis ces dernières années, etc., etc., des affections, en un mot, qui n’ont aucun lien de parenté avec le surmenage intellectuel. J’ai rencontré aussi, il est vrai, quelques cas de céphalalgie ; mais ils étaient tous sans gravité et n’avaient retenu les élèves à l’infirmerie qu’un ou deux jours, plusieurs fois une demi-journée seulement. De telles indispositions s’observent chez tous les jeunes gens et ne sont nullement imputables à un travail intellectuel forcé. »

Lancereaux dit de même [1] :

« Désirant me rendre compte du degré de fréquence de la tuberculose, de celle des centres nerveux en particulier, dans le lycée auquel je suis attaché, j’ai demandé le relevé des principales maladies qui y ont été soignées depuis vingt ans. Or, dans ce lycée, qui prépare spécialement à l’École normale et à l’École polytechnique, où, par conséquent, le cerveau des élèves est surexcité par le travail, savez-vous combien de cas de méningite ont été observés, depuis cette époque, sur un personnel de cinq cent cinquante à six cent quatre-vingts internes ? Un seul. Pendant la même période de temps, sept élèves ont été atteints d’hémoptysie, mais sur ces sept, six accusaient des antécédents tuberculeux. Ajoutons qu’un créole est retourné dans son pays où il est mort de phtisie. On compte en outre, dans cet établissement, pour le même nombre d’années, quarante cas de fièvre typhoïde, déclarés presque uniquement chez les jeunes gens venus depuis quelques mois seulement au lycée, pour terminer leurs études. Ce chiffre est relativement peu élevé, vu surtout les graves épidémies

  1. Séance du 19 juillet, p. 91.