Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/260

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Le dernier sujet, Frl. R., présente le contraire du précédent, il atteint vite (au bout de trente minutes) le maximum ; l’augmentation de vitesse par suite de l’exercice est chez lui faible, mais ensuite la vitesse diminue considérablement ; enfin le troisième sujet. H., représente un type intermédiaire.

Ce sont des différences individuelles très caractéristiques qui doivent probablement retentir sur d’autres phénomènes. Ces expériences montrent assez nettement qu’il faut distinguer les différents individus suivant la manière dont ils se fatiguent et s’exercent ; les uns, comme on voit, acquièrent peu par l’exercice pendant le travail et se fatiguent beaucoup, les autres au contraire font des progrès considérables et se fatiguent plus lentement. Il serait intéressant de poursuivre ces recherches avec d’autres travaux intellectuels ; on arriverait peut-être à des résultats d’une importance pratique.

Nous avons vu au commencement de l’analyse du travail de OEhrn que les différences individuelles pour la vitesse des différents travaux étaient très fortes ; on se demande naturellement si les sujets qui exécutent plus rapidement que les autres un certain travail sont aussi en avance pour d’autres travaux intellectuels et si la vitesse est une qualité générale. Nous allons examiner cette question ; elle présente une grande importance, car elle se trouve en relation directe avec une question plus générale, celle des rapports qui existent chez un individu entre différentes fonctions psychiques.

Donnons dans le tableau suivant les rangs que chaque sujet occupe dans chaque travail intellectuel ; nous représenterons par 1 le sujet qui a fait le travail plus vite que tous les autres sujets, par 10 celui qui l’a fait le plus lentement de tous.

On voit par exemple que le sujet K est le sixième en vitesse pour l’acte de compter des lettres ; il est le cinquième pour les additions et l’écriture, le sixième pour la