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CHAPITRE VII
EXPÉRIENCES DANS LES ÉCOLES
méthode d’ebbinghaus

Nous arrivons maintenant à un travail d’ensemble paru il y a quelques mois, qui a été fait parallèlement par trois méthodes différentes : les calculs, la mémoire des chiffres et la méthode de combinaison ; c’est le travail le plus complet qui ait été fait jusqu’ici sur la question[1] ; nous nous arrêterons avec plus de détails sur cette recherche, car elle a été entreprise pour un but complètement pratique, celui de déterminer si la méthode d’enseignement allemande n’amène pas une fatigue trop forte chez les élèves.

Le magistrat de la ville de Breslau adressa en juillet 1895 une lettre à la Société d’hygiène, en priant cette société d’examiner si le système d’enseignement allemand, qui consiste à faire le matin, de 8 heures à 1 heure, cinq classes de suite, et à laisser l’après-midi complètement libre, ne fatigue pas les élèves. Une commission formée de médecins, de pédagogues et du psychologue Ebbinghaus discuta les méthodes employées jusqu’alors pour déterminer expérimentalement la fatigue des élèves, et accepta après ces discussions la proposition faite par Ebbinghaus ; cet auteur proposait de faire exécuter par les élèves des calculs analogues à ceux de Burgerstein, puis de faire des

  1. Ebbinghaus. Ueber eine neue Methode zur Prüfang genstiger Fähigkeiten und ihre Anwendung bei Schulkindern. Zeit. f. Psych. u. Phys. d. Sinn., XIII, p. 401-460.