Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/321

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La première méthode employée est celle des calculs ; les élèves devaient, après chaque classe, faire pendant dix minutes des additions et des multiplications ; on comptait le nombre de chiffres calculés et le nombre d’erreurs.

La deuxième méthode est celle de la mémoire des chiffres. On disait devant une classe une série de 6 à 10 chiffres en prononçant les chiffres avec une vitesse constante d’une demi-seconde par chiffre, et les élèves devaient écrire ensuite la série de mémoire. On faisait ainsi l’expérience avec deux séries de 6, 7, 8, 9 et de 10 chiffres, et on comptait les nombres de fautes commises. On comptait comme une faute tout chiffre oublié ou inexact, et comme demi-faute toute transposition d’un chiffre de la série à une place voisine ; par exemple, si l’élève, au lieu d’écrire 259 417, écrivait 254 917, on comptait une demi-faute ; s’il écrivait 259 617, on comptait une faute entière.

Cette manière de calculer les erreurs est très arbitraire ; on aurait peut-être pu l’admettre si l’auteur avait donné les nombres des différents genres de fautes ; mais il se contente d’indiquer les sommes qu’il a obtenues en ajoutant les fautes entières aux demi-fautes. C’est un défaut qui ne permet pas de vérifier si l’auteur a eu raison de procéder comme nous l’avons indiqué plus haut.

Une erreur bien plus grave que la précédente a été commise par l’auteur dans le choix des chiffres. Il dit qu’on prononçait devant les élèves des séries de noms de nombres monosyllabiques ; or en allemand les nombres de 0 à 12 sont des noms monosyllabiques, il y avait donc dans ces séries les nombres 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 ; c’est une erreur évidente d’avoir pris aussi les nombres 10, 11 et 12, puisque ces nombres se composent de 2 chiffres chacun et doivent embrouiller les résultats. Cette erreur provient de l’idée préconçue que pour se rappeler une série de nombres on se souvient des noms de ces nombres, et que par conséquent il suffit que ces noms soient monosyllabiques ; ce n’est pas exact, beaucoup de personnes