Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/66

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ventricules, que b correspond au premier bruit du cœur, et d e correspondent au deuxième bruit de fermeture des valvules aortiques et de l’artère pulmonaire et au deuxième bruit du cœur. Mais l’intensité de la contraction ne peut être donnée par l’amplitude du tracé. Le bouton du cardiographe n’est pas appliqué directement sur le muscle cardiaque ; il y a entre l’instrument explorateur et l’organe qu’il s’agit d’explorer un intermédiaire, une cloison, la paroi pleurale ; cette paroi n’est pas immobile, elle se déplace à chaque mouvement respiratoire, et par conséquent les rapports entre le cœur, la paroi et les cardiographes ne sont pas des rapports fixes. La grandeur du cardiogramme n’est qu’un à peu près, ce ne peut être une mesure de la systole.

L’accélération du cœur sous l’influence du travail intellectuel n’est pas plus expliquée jusqu’ici que l’accélération du cœur sous l’influence de la course. On sait que la vitesse du cœur peut être influencée de deux manières différentes, par une action du système nerveux et par une action mécanique, celle du sang. Le système nerveux exerce principalement son influence par les nerfs émanés du pneumogastrique et par les nerfs appartenant au grand sympathique ; les premiers produisent un ralentissement des mouvements du cœur, les autres sont des accélérateurs. On pourrait donc supposer que pendant le travail intellectuel le cœur est soumis à une influence excitatrice d’origine nerveuse. En outre, il paraît démontré par un grand nombre d’expériences (Marey) que les changements dans la pression du sang produisent secondairement des changements dans la vitesse du cœur ; le cœur bat d’autant plus fréquemment qu’il éprouve moins de peine à se vider, que la pression est plus basse ; une pression forte ralentit les battements du cœur. Il est probable que cette raison mécanique n’intervient pas ici pour accélérer le cœur, car, ainsi que nous le verrons plus loin, le travail intellectuel provoque une augmentation de pression qui a pour effet de créer un