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CHAPITRE II
INFLUENCE DU TRAVAIL INTELLECTUEL
sur la circulation capillaire[1]

Les vaisseaux sanguins forment la partie la plus considérable de nos tissus ; ces vaisseaux sont doués de parois musculaires, qui peuvent, sous l’influence des nerfs vasomoteurs qui se terminent dans ces parois, présenter des mouvements d’expansion ou de resserrement ; ces mouvements produisent des modifications importantes dans la circulation du sang, dans la quantité de sang qui circule, dans la pression du sang, dans la vitesse du courant ; il résulte aussi de ces mouvements des changements dans la coloration et dans la température des tissus ; enfin, il en résulte encore des changements dans le volume des organes ; par exemple si les artères et les artérioles de la main se resserrent, diminuent leur calibre sous l’influence des nerfs vaso-moteurs, qui déterminent une vaso-constriction — exemple qu’il est facile de réaliser en plongeant un instant la main dans l’eau froide — le cours du sang dans la main est ralenti, la pression artérielle augmente, la main devient blanche, exsangue, elle se refroidit et diminue de volume. Tous ces effets sont sous la dépendance d’une action des nerfs vaso-moteurs.

Les nerfs vaso-moteurs agissent, par voie réflexe, non

  1. Une partie importante des documents de ce chapitre est empruntée aux recherches de Binet et Courtier sur la circulation capillaire. Année psychologique, II et III.