Page:Binet - La Vie de P. de Ronsard, éd. Laumonier, 1910.djvu/249

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ET CRITIQUE

Térence, et 35 livres de Variae lectiones, recueil d’études et de corrections sur les auteurs anciens.

P. 36, l. 5. — en tenebres. On connaît les lignes de Montaigne sur deux de ces hommes : « Ainsi en parloit le bon monsieur de Pibrac, que nous venons de perdre... Cette perte, et celle qu’en mesme temps nous avons faicte de Monsieur de Foix, sont pertes importantes à nostre couronne. Je ne scay s’il reste à la France de quoy substituer une autre coupple, pareille à ces deux Gascons, en sincerité et en suffisance, pour le conseil de nos Roys. C’estoyent ames diversement belles... Mais qui les avoit logées en cet aage, si desconvenables et si disproportionnées à nostre corruption, et à nos tempestes ? » (Essais, III, ch. 9.)

On trouvera un jugement analogue sur ces deux hommes dans De Thou, qui note lui aussi la disparition simultanée d’une douzaine de personnages éminents dans la politique ou les lettres, entre autres Foix et Pibrac en 1584, Sirlet, Muret, Vettori, Sigonio et Ronsard en 1585. (Hist., fin des livres LXXX et LXXXII, trad. de 1734, tome IX, pp. 256 et 409.)

P. 36, l. 14. — à ce Cygne. La Biblioth. Nationale possède cette plaquette falsifiée, sous la cote Ln27, 17838. Voici son titre complet :

Epitaphes, | Mort et dernieres | parolles de Pierre de | Ronsard, gentil-homme Vandomois, Poëte du Roy.

Ensemble les excellens vers Chrestiens, qu’il a faits, six heures avant que mourir.

Plus le dernier à Dieu, qu’il a donné à ses amis : et la belle remonstrance qu’il leur fit en mourant.

A Paris, pour Laurens du Coudret, à la ruë des Coipeaux. 1584. Avec privilege du Roy.

Cette plaquette se compose de 8 ff. y compris le titre et le privilège royal, qui est du 1er août 1584. — Le titre est répété au ro du deuxième fo. Puis vient cette préface :

« Les veilles, les travaus et les ennuys qui ont accompagné la jeunesse de Monsieur de Ronsard, les gouttes et les assidues maladies qui l’ont saisi en sa vieillesse, luy ont de beaucoup advancé ses jours. Joint qu’il a tenu et suyvi tousjours la vie de garçon, comme aymant mieux complaire à son naturel, qu’au régime de sa santé. Je ne vous donne point ce mot de discours pour y chanter ses loüanges. Ces loüanges sont si éventées et si recommandées à tous les bons esprits qu’il n’est point besoing de les recommander d’avantage. Ce n’est seulement qu’un advertissement de sa mort, afin que d’un plus ample et plus grand discours, quelque docte plume, non une, mais cent, fasse voler la tristesse et le regret de sa mort par la France, de la France par l’Europe, de l’Europe par l’Afrique, par l’Asie, et de l’Asie par le monde de nouveau créé : tant que les Mers rouges, bleues, grises, Fleuves, Rivieres, Fontaines, n’ayent autre nom au bruit de leurs ondes, que le nom du grand Ronsard : tant que les Montz cornus, bossus, plats, pointus, tertres, mottes, grottes, cavernes, antres n’ayent autre écho que le nom de ce grand de Ronsard : que les bois, forests, boccages, saullaies, arbres et buissons, n’ayent autre cliquetis que du nom de Ronsard, comme son merite le demande.