Page:Binet - Les altérations de la personnalité.djvu/130

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CHAPITRE IV


L’INSENSIBILITÉ DES HYSTÉRIQUES (SUITE ET FIN)
LE SEUIL DE LA CONSCIENCE

Importance présentée par l’intensité des excitations. — Une expérience sur le sens visuel. — Analogie entre les effets de l’anesthésie et ceux d’une diminution dans l’intensité des excitations. — Expériences sur le seuil des excitations conscientes pour un œil amblyopique. — Expériences sur la concurrence des champs visuels. — Théories sur le seuil de la conscience.

Il peut arriver qu’un sujet hystérique ne perçoive pas certaines excitations sensorielles parce que celles-ci ne sont pas suffisamment intenses, et que cependant ces excitations non perçues ne restent pas sans effet ; elles pourront produire un ensemble de réactions intelligentes, qui, comme l’excitation initiale, demeureront étrangères à la conscience du sujet et formeront à l’occasion une seconde conscience, une seconde personnalité plus ou moins rudimentaire. Pour fixer les idées, supposons une hystérique qui présente, à l’examen visuel, fait selon les méthodes ordinaires, une acuité visuelle faible ; la malade, placée à telle distance d’une échelle de caractères typographiques, ne peut pas lire tel mot ; cependant si on retient un moment son attention sur ce mot qu’elle n’arrive pas à lire, on aura parfois la preuve qu’elle l’a lu et perçu d’une manière inconsciente, car l’écriture automatique peut le reproduire et même le commenter ; le mot peut devenir le point de