Page:Binet - Les altérations de la personnalité.djvu/172

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insensible, d’abord par des caractères psychiques que nous avons déjà signalés, et ensuite et surtout par le moment où elle se produit ; la réaction ordinaire (dans une réponse bilatérale) se produit après un temps moyen de 0,709, la réaction exceptionnelle après un temps moyen de 0,23.

En définitive, le retard du temps de réaction, comme la diminution du chiffre de pression, peut être mis dans une certaine mesure sur le compte de la désagrégation mentale ; ce sont des signes auxquels on peut reconnaître la forme inférieure d’une conscience ; ils sont, à ce point de vue, comparables aux phénomènes d’imitation, que l’on rencontre si fréquemment dans les consciences rudimentaires.

Forme de la contraction volontaire. — Deux mots suffiront. Si on compare la courbe de contraction du côté sensible à celle du côté anesthésique, on constate que la ligne d’ascension est généralement plus courte, et plus redressée dans la contraction volontaire du côté sensible. La différence est extrêmement nette, chez quelques malades, lorsque les deux contractions ont été faites simultanément.

Durée de l’état de contraction. — Les différences signalées jusqu’ici entre les mouvements volontaires du côté sensible et du côté anesthésique n’ont point l’importance de celles qu’il nous reste à voir. Nous allons nous occuper de la durée de l’état de contraction, ou de la tension musculaire. Nous allons rechercher pendant combien de temps le sujet peut se maintenir en état de contraction.

Il peut sembler que c’est là un phénomène purement musculaire ; mais ce serait une erreur de le croire. Nous avons vu déjà quelle influence l’attention peut exercer sur le temps de réaction, à ce point que lorsque tel malade, Dem…, par exemple, pense à sa main insensible, elle répond à l’excitation, tandis que lorsqu’elle cesse d’y penser la main devient immobile. Nous avons vu aussi que lorsqu’on oblige le sujet hystérique à presser en même temps le dynamomètre des deux mains, le chiffre de pression est plus faible que celui donné par chaque main pressant isolément ; ce qui tient très probablement, avons-nous dit,