Page:Binet - Les altérations de la personnalité.djvu/266

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


par différents moyens optiques, on modifie de différentes façons le point de repère. C’est lui en somme qui tient le grand rôle ; il cherche à exécuter le mieux possible la suggestion qui lui a été confiée ; et s’il s’arrange pour que l’objet imaginaire soit perçu à peu près dans les mêmes conditions que s’il était réel, c’est parce que cela fait partie de la suggestion qu’il a reçue ; l’hallucination serait bien vite reconnue fausse et démasquée si elle ne simulait pas la réalité. Je suis donc enclin à admettre que tous ces signes divers de l’hallucination hypnotique que nous avons décrits doivent se rencontrer surtout chez les sujets dont l’inconscient est intelligent, et a du savoir faire.

Quant à la conscience normale, elle ne paraît pas être au courant de tout ce travail de critique et d’élaboration qui se passe au-dessous d’elle et comme dans un plan inférieur ; le moi normal ne sait qu’une chose en se réveillant du sommeil hypnotique : c’est qu’il a devant lui un objet qui lui paraît réel, et si cet objet lui paraît tel, c’est qu’il est bien imité.

On s’est demandé si des expériences semblables pourraient se répéter sur des hallucinations spontanées, dans des cas autres que l’hystérie et la suggestion. Nous croyons pouvoir répondre aujourd’hui à cette question que pour que des expériences aussi délicates réussissent, elles ont besoin d’un inconscient bien organisé.