Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/138

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seil communal, en 1857, de donner le nom de Georges-Louis à l’une des rues de la ville, et d’ériger, sur la nouvelle place du béguinage Saint-Christophe, une fontaine monumentale surmontée du buste du vénéré prince et portant pour inscription l’article principal de son testament. Il n’a pas encore été donné suite à cette suggestion ; mais il est plus que probable qu’on s’en occupera tôt ou tard. Georges-Louis de Berghes fut enterré dans la cathédrale de Saint-Lambert. On lisait sur son tombeau : Suprà egenum et pauperem ità intellexit, ut vivens aluerit, et ne moriendo desereret, heredes scripserit (Ophoven). Le buste placé au sommet du sarcophage, œuvre du statuaire Evrard, a été conservé : il décore aujourd’hui le grand réfectoire du séminaire épiscopal de Liége.

Le grand incendie qui dévora l’aile du palais de Liége faisant face a la cathédrale (actuellement regardant la place Saint-Lambert), l’église des Onze mille Vierges et la tour de l’Officialité, date du règne de Georges-Louis (23 mars 1734). La nouvelle façade du palais fut reconstruite avant la mort de ce prince, en style Louis XV, sur les dessins de l’architecte bruxellois Jean-André Anneessens.

Alphonse Le Roy.

Ophoven (supplément au Recueil de Loyens) ; Bouille, Saumery, le continuateur de Foullon et les derniers historiens de Liége. — Eloge de G.-L. de Berghes, par J.-F.-B. Liége, s. d., in-l2°. — Oratio funebris in laudem G.-L. episcopi, etc., dicta in coll. D. Virginis Trajecti ad Mosam, XI Kal. Febr. 1744, à R. P. Bernardo Cornelissen, S. J. Maestricht, 1744, in-4°. — Polain, Recueil des ordonnances, etc. (1684-1794), t. I, préf., p. XXX, et p. 744, note. — Ernst, Tableau des suffragants de Liége, p. 257. — Becdelièvre, Biogr. liégeoise, t. II, p. 388. — U. Capitaine, Le dernier chroniqueur liégeois (J.-B. Mouhin), dans le Bull. archéol. liégeois, 1854. — Bulletin communal de Liége, t. II (art. de M. F. Macors). — Borgnet, Hist. de la rèvol. liégeoise, t. I, p. 139 et suiv. — Delsaux, les Monuments de Liége, 1861, in-plano.

BERGEYCK (Arnould DE), helléniste et poëte latin, né à Bergheyck (ancien Brabant) à la fin du xve siècle, décédé en 1533. Voir Arnould de Bergheyck.

BERINGHEN (Rodolphe DE), écrivain ecclésiastique, né à Beringhen au xve siècle. Voir Raoul de Beringhen.

BERKEN (Louis), né à Bruges dans la seconde moitié du xve siècle, est regardé comme l’inventeur de la taille du diamant. Son nom est souvent écrit De Berken ou De Berquen. Nous avons préféré la première forme, parce qu’elle nous a paru plus correcte au point de vue de la langue ; c’est néanmoins sous la dernière qu’il est cité par un de ses descendants, Robert de Berquen (voir l’article suivant), qui nous a fait connaître tout ce qu’on sait de notre personnage et de son invention. Chose étrange, d’anciens auteurs, fort compétents et d’une époque intermédiaire, comme Boetius de Boot, Brugeois aussi, et De Laet, Anversois, ne font aucune mention de la découverte de la taille du diamant.

D’après le récit de Robert de Berquen, le jeune Louis fut envoyé à l’Université de Paris « pour y apprendre les lettres humaines, mais consommant tout son temps en mille et mille gentillesses et inventions entièrement esloignées de l’application que doit avoir nécessairement un escolier, son père, averty, le rappela en sa maison, et le voyant tout occupé en des machines et en des préparatifs tellement extraordinaires qu’on n’en pouvait du tout point prévoir l’usage, il lui laissa toute l’estendue de son esprit, pour pouvoir dans une pleine liberté exécuter quelque chose de grand. Ce père était noble aussi bien d’humeur que de race ; et comme en son pays, aussi bien qu’en Allemagne, Pologne, Italie et ailleurs, on juge plais équitablement de la noblesse qu’on ne fait en France, dans tous les quels pays on tient que c’est probablement le vice et l’oisiveté qui y déroge et non le trafic et tout autre exercice honneste, il laissa agir son fils, lequel, pour bien dire, ne fit rien au préjudice de sa naissance. Ce fils… mit deux diamants sur le ciment et après les avoir esgrisés l’un contre l’autre, il vit manifestement que, par le moyen de la poudre qui en tombait » poudre connue aujourd’hui sous le nom d’égrisée « et à l’aide du moulin avec certaines roues de fer qu’il avait inventées, il pouvait venir à bout de les polir parfaitement, mesme de les tailler en telle manière qu’il voudrait. » Ceci se passait en 1476.