Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/164

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laissé : 1° Une Histoire du duché de Luxembourg, qui est fort courte, et ne se distingue guère par la correction du style. Elle parut, en 1605, à Luxembourg, in-4°, et est suivie d’un appendice sur les anciennes divinités du Luxembourg. — 2° Vingt-six dialogues sur la règle de Saint-Benoît. — 3° Une liste des abbés d’Echternach qui fut imprimée à Cologne en 1581,in-8°.

Eugène Coemans.

Foppens, Biblioth. Belg., t. I, p. 579. — Moréri, Dict. hist., t. II, p. 241.

BERTHA (Louis), plus connu sous le nom de Daniel, écrivain ecclésiastique, né à Bruges en 1620, mort le 12 août 1697. Admis à la profession au couvent des dominicains de sa ville natale, à l’âge de vingt-quatre ans, le 19 octobre 1644, il occupa dans son ordre plusieurs places distinguées, notamment celles de sous-prieur, chantre, procureur, syndic et prédicateur général. Il a laissé les ouvrages suivants : — 1° Origo plagarum christianum orbem devastantium. Brugis, A. Michiels, 1658, in-8°. — 2° Medicus christianus detegens sanguineis lachrymis deplorandam ferrei hujus sæculi cæcitatem. Antverpiæ, Lug. Gymnici, 1665, in-4°. — 3° Leven van den H. Ludovicus Bertrandus. Anvers, Corn. Woens, 1671, in-12°. Et quelques autres ouvrages ascétiques. Le père Échard dit que les ouvrages de Bertha sont des preuves de son savoir et de sa piété.

F. Vande Putte.

BERTHE ou BERTRADE, mère de Charlemagne, la Berthe au grand pied des légendes, la blonde Berthe des trouvères, était née dans les Ardennes, d’une famille noble et riche, et son père Charibert fut investi, grâce surtout à l’influence des Pépin, de la charge importante de comte de Laon. Sou aïeule, qui portait le même nom qu’elle, et son père affectèrent, en 721, une partie de leurs revenus de Rumerescheim dans l’Ardenne (infra terminos Ardennæ), à la fondation du monastère de Prum. C’est là qu’ils résidaient au moment de la donation. C’est aussi le même domaine qui forme l’alleu de Bertrade, lorsqu’en 740 elle épouse Pépin, comme nous l’apprend un diplôme de Pépin, du 13 août 762, où intervient Bertrade. In pago Choras, villæ quæ dicitur Rumerescheim portio Bertrada quam genitor suus Heribertus et in alode dereliquit. On lit à la fin : Manu propria decrevimus roborare, ego Pipinus et conjunx mea Bertrada. Signum Caroli, filii sui consentientis. Jamais aucun nom plus que celui de Bertrade ne fut entouré de mystère. Il est cependant certain qu’elle était Ardennaise, des chartes authentiques l’établissent ; et les traditions liégeoises, d’accord avec l’histoire, en font une cousine d’Ogier le Danois et de Garin le Loherain. Il n’y a rien d’étonnant dans cette assertion, puisque Garin le Loherain devait son nom à sa naissance en Lotharingie, et l’on sait qu’il faut lire Ogier l’Ardennois pour Ogier le Danois. Tous ces héros, d’ailleurs, sont Avalois, c’est-à-dire de la contrée qui fut longtemps désignée par le nom de Pays-Bas. Il est à remarquer que c’est au pays de Bertrade, dans les Ardennes, entre Liége et Metz ou entre Landen et Thionville qu’ont pris naissance toutes les traditions conservées dans les romans du cycle carolingien. Bertrade fut surnommée au grand pied parce qu’elle avait, dit-on, un pied plus grand que l’autre ou encore Berthe la Débonnaire, parce qu’elle se distinguait entre toutes les femmes par sa douceur et sa bonté. Elle mérita par ses vertus d’être la mère de Charlemagne et par sa douceur d’être l’aïeule de ce Louis qui hérita de son surnom de débonnaire. Le mariage de Pépin et de Bertrade remonte aux dernières années de Charles Martel. Ce mariage était légitime d’après le droit civil et politique, puisque la fiancée avait apporté à son époux un alleu et il suffisait selon l’usage des Francs qu’il eût été précédé de la coemption par le sou et le denier. Mais ce fut plus tard, avant l’envoi à Rome du chapelain Fulrad, chargé de solliciter du pape la consécration d’une nouvelle dynastie que, selon le texte des annales de Saint-Bertin, Pépin fit confirmer cette union par les cérémonies ds la bénédiction religieuse qui pouvaient seules, aux yeux de l’Église, en établir la validité. Pépin le Bref voulut être