Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/163

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ont été publiées, disent les bibliogiaphes, à Amsterdam, en 1626 et 1632, mais, vérification faite, elles n’ont qu’un titre nouveau mis en tête des exemplaires de l’édition de 1616 ; sauf l’édition in-8° d’Amsterdam, de 1625 (avec dix-sept cartes géographiques), qui est nouvelle. — 9° De Aggeribus et pontibus hactenus ad mare extructis digestum novum. Paris, 1629, in-8°. Cet ouvrage, qui a valu à l’auteur une réputation d’hydrographe un peu usurpée, fut réimprimé par Sallengre, dans le Thesaurus antiquitatum romanarum, t. II, pp. 917-984. Bertius le composa à l’occasion de la construction de la digue, élevée par les ordres du cardinal de Richelieu pour fermer le port de la Rochelle, lors du siége de cette ville, en 1629. Enfant des Pays-Bas, où les inondations étaient si fréquentes, nul mieux que lui ne pouvait parler de l’histoire et de l’utilité du moyen que les Hollandais emploient pour s’opposer aux envahissements de la mer ; aussi le chapitre consacre aux constructions de ce genre, qui existaient dans sa patrie, offre-t-il un véritable intérêt. A la fin du volume se trouve une épître du cardinal de Richelieu qui remercie Bertius de l’envoi de ce livre et l’assure de sa bienveillance en faisant un aimable calembour intraduisible en français : Tuos libros et liberos mihi summopere comendatos scito. A la suite d’un livre intitulé : Novi orbis sivè descriptio Indiæ occidentalis, d’Antoine de Herrera (Amst. 1622, fol.), on trouve ordinairement un extrait du grand ouvrage de Bertius : Brevis et succincta Americæ, etc. descriptio excerpta ex tabulis geographicis P. Bertii. On lui doit encore une carte de l’empire de Charlemagne publiée à Paris.

Il a laissé, en outre, des oraisons funèbres, des poésies latines et un recueil de lettres d’hommes illustres, avec une préface toute empreinte de l’esprit littéraire de son temps. Ses propres lettres ont également été publiées et renferment des particularités curieuses sur sa vie agitée, particularités qui sont résumées avec beaucoup d’art dans le discours qu’il prononça en prenant possession de sa chaire au collége de Boncourt pour expliquer sa retraite en France. Bertius a encore mis une préface traitant de la vie et des écrits de Boèce, en tète de l’édition de l’ouvrage : de Consolatione philosophiæ. Cette édition parut après la mort de Bertius.

L’étendue des connaissances de cet érudit se manifeste dans la diversité de ces ouvrages ; à la fois théologien, géographe, historien, poète, mathématicien, hydrographe, philosophe, numismate, antiquaire, il n’est resté étranger à aucune science. Peut-être reprochera-t-on à Bertius, comme à tant de lettrés de son époque, d’avoir éparpillé son savoir dans une foule d’écrits fugitifs, au lieu de se consacrer à l’étude de la géographie, étude où il aurait atteint, comme le témoignent ses écrits, une véritable supériorité.

Bertius laissa six enfants, dont trois, Abraham, Nicolas et Jean, entrèrent dans l’ordre des carmes déchaussés ; Wenceslas devint missionnaire et mourut au Mont-Liban, en 1643. Abraham décéda à Leide, en 1683, et publia un grand nombre d’écrits religieux. Jean, prieur des carmes à Malte, y termina ses jours en 1662 et fit paraître un traité sur l’Eucharistie ; un quatrième fils, nommé également Jean, entra dans l’ordre de Saint-Benoît.

Meursius a publié le portrait de Pierre Bertius dans ses Athenæ Batavæ avec sa devise : Unum expetii a Domino !

Bon de Saint-Genois.

Paquot, Mémoires, t. XIV p. 1-23. — Vander Aa, Biographisch Woordenboek, t. I. — Nouvelle Biographie universelle, publiée par Didot. — Biographie de la Flandre occidentale. — Halma, Tonneel der Vereenigde Nederlanden, t. I, 132.

BERTELS (Jean), historien, né à Louvain en 1559, mort à Echternach en 1607. Il était religieux bénédictin et fut successivement abbé des couvents de son ordre à Luxembourg et à Echternach. Durant la guerre entre l’Espagne et les Provinces-Unies, le monastère d’Echternach fut pris par l’armée hollandaise, et Bertels ainsi que ses moines furent menés prisonniers en Hollande, d’où ils ne revinrent qu’en payant une rançon de seize mille écus. L’abbé d’Echternach nous a