Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/200

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de noms : il doit s’agir du fils de Guillaume, qui portait le prénom de son père.

Il paraît qu’à son retour Guillaume II se tint de préférence à Béthune. Ce fut là qu’en 1206 il reçut du roi de France l’invitation à être sa caution ou pleige à l’égard de Philippe de Namur, tuteur de Jeanne et de Marguerite de Constantinople. En 1210, il octroya à la commune ou université de Béthune le privilége de n’être assujettie à aucune loi ou coutume étrangère, de ne pouvoir être ni abandonnée ni engagée pour aucune dette du seigneur, de tout décider par l’échevinage et enfin d’avoir l’usage de tous les pacages adjacents à la ville. En 1213, étant demeuré malade en son château de Béthune, il y ordonna pieusement de ses affaires, et entre autres dispositions de sa dernière volonté, légua à Mathieu, son fidèle secrétaire depuis longtemps, douze livres de la monnaie courante de Béthune, à prendre tous les ans sur les échoppes de la ville.

J. Stecher.

A. Duchesne, Histoire généalogique de la maison de Béthune (Paris, 1659, in-fol.). — A. Dinaux, Les Trouvères artésiens. — Histoire littéraire de la France, t. XIII.

*BÉTHUNE-CHAROST (Armand-Louis-François, prince DE), né à Paris, en 1771, éleva, vers la fin du siècle dernier, des prétentions à la souveraineté des Pays-Bas autrichiens. Esprit inquiet, turbulent et ambitieux, il se trouvait partout où il y avait des mécontents, partout où il espérait pouvoir se mettre à la tête d’une faction, n’importe laquelle. Tantôt il conspirait en Gallicie, tantôt en Hollande, tantôt en Belgique, sans autre guide qu’une ambition inconsidérée et très-mal placée. Pendant l’insurrection des provinces belges contre Joseph II, de Béthune offrit aux états de Brabant de lever, pour leur compte, une légion, dont il aurait été colonel-propriétaire, avec le titre de général-major des troupes des états de Brabant et des États-Unis. Malgré l’acceptation de l’offre par acte du 22 novembre 1789, la proposition ne reçut point d’exécution. De sorte que pendant le mois de décembre suivant, il fit aux états une proposition nouvelle tendant à lever un corps de troupes allemandes. Il se mit ainsi en relations avec les chefs de la révolution, mais sans obtenir leur confiance.

Au retour des Autrichiens dans les Pays-Bas, le prince fut obligé de se retirer en France. Là il trouva dans les villes frontières, à Lille, Douai, Maubeuge, Valenciennes, etc., des réfugiés belges, qui ne voulaient ou ne pouvaient se soumettre au gouvernement autrichien dont le système pondérateur ne satisfit ni les conservateurs ni les avances. Là, il rencontra bon nombre d’aventuriers sortis de l’armée des insurgés ou appartenant au parti des mécontents du pays de Liége et de Hollande, qui aimaient mieux vivre aux dépens des autres que de reprendre leurs anciennes occupations. Repoussés comme révolutionnaires par les royalistes français et considérés comme aristocrates par les républicains, les réfugiés belges ne trouvèrent d’appui chez personne. Lorsque le gouvernement des Pays-Bas autrichiens appela l’attention de celui de France sur leurs conciliabules, De Béthune-Charost eut, seul, le courage de les défendre. En novembre 1791, le directoire du district de Douai ayant été chargé de prendre des informations sur leur nombre et leur conduite, le prince déclara que ces gens fuyaient l’oppression : qu’il en connaissait bon nombre, et qu’il fournissait même des secours à plusieurs d’entre eux. En somme, il répondit de leur conduite. « Si, ajoutait-il, quelques-uns sont exaltés, c’est parce que des agents impérialistes les excitent de toutes les manières. » Il finit par demander un bâtiment appartenant à un corps religieux, afin d’y loger ses gens.

De Béthune parvint ainsi à s’insinuer dans les bonnes grâces des réfugiés, n’importe le parti auquel ils appartenaient. Aristocrate avec les conservateurs, avancé avec les démocrates, il ne contrariait ouvertement aucune opinion politique, de manière que personne ne savait au juste ce qu’il voulait. Le comte de Metternich le soupçonnait de conspirer en faveur des avancés, tandis que Vonck, le chef des démocrates, prétendait qu’il travaillait dans les intérêts du duc d’Orléans. Merlin de Thionville le com-