Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/219

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en 1577, a l’enseigne du Lis Blanc, un petit livre in-12, intitulé : Flores et sententiæ scribendique formulæ Illustriores, etc., livret dont l’impression faite pour son compte par Denis Vallensis, prouve qu’en dehors de la direction du dépôt Plantinien, Beys avait conservé la liberté de faire à Paris des publications spéciales. Au témoignage de De Feller (Dictionnaire historique), Gilles Beys employa le premier les consonnes j et v, que Ramus avait distinguées, dans sa grammaire, de l’i et de l’u voyelles.

A la mort de Plantin, survenue le 1er juillet 1589, Beys se rendit à Anvers et s’y fit successivement recevoir dans la bourgeoisie (22 février 1591) et dans la corporation de Saint-Luc, dont les imprimeurs faisaient partie. Il n’y exerça pas longtemps sa profession, car on ne connaît que peu de livres sortis de ses presses. Parmi ceux-ci on cite : 1° le livre de Genebrardus, Psalmi Davidis, Vulgatæ editionis, Antverpiæ, apud Ægidium Beysium, generum et cohæredem Christofori Plantini, 1591, petit in-8° ; et 2° le livre de piété intitulé Petit pourmain devotieux, par damoiselle Barbe de Porquin, espouse au Sr de Rolly. Anvers, chez Gilles Beys, en la petite imprimerie de Plantin, 1592 ; in-12. Un exemplaire de ce rare petit livre fut vendu cent francs à la vente Verdussen, à Anvers, en 1858. Étant retourné bientôt à Paris, Beys y reprit et continua ses publications jusqu’à sa mort, survenue en 1595. Madeleine Plantin, sa veuve, se remaria, en octobre 1596, avec un libraire de Paris, nommé Adrien Perier, et mourut en cette ville, le 27 décembre 1599. Parmi les enfants de Gilles Beys, Christophe fut imprimeur à Paris et à Reims ; Madeleine épousa Jérémie Perier, libraire, frère d’Adrien Perier précité et, en 1607, qualifié de valet de chambre ordinaire du prince de Condé ; Marie épousa, en 1607, Olivier de Varennes, marchand libraire, rue Saint-Jacques, à l’enseigne de la Victoire, à Paris ; Marguerite se maria avec l’imprimeur Pierre Pontonnier, à Paris ; et enfin Égide Beys demeurait en 1614 à Leyde, en 1617 à Paris et en 1618 à Bordeaux, où il exerçait également l’état de libraire.

Le nom d’Adrien Beys nous paraît avoir été mis abusivement pour celui d’ Adrien Perier sur le titre d’un ouvrage intitulé : Histoire remarquable et véritable de ce qui s’est passé par chacun jour au siége de la ville d’Ostende de part et d’autre jusques à présent, etc., etc., à Paris, chez Adrien Beys, rue Sainct-Jacques, joignant la Rose Blanche, MDCIV, avec privilége du Roy ; petit in-8° de 132 pages, avec dédicace à Henry de Bourbon, prince de Condé, par Jérémie Perier. L’ouvrage si exact : Geslagt lyste der nakomelingen van den vermaerden Christoffel Plantyn, door J.-B. Vander Straelen, Antwerpen, 1858, in-4°, qui nous a fourni la plus grande partie des détails de cette biographie, ne compte pas d’Adrien parmi les fils de Gilles Beys.

Chev. L. de Burbure.

BEYTS[1] (Joseph-François, baron), homme politique et jurisconsulte, né vers 1763, à Bruges, mort en 1832, à Bruxelles. Fils d’un chirurgien habile, Beyts, après avoir achevé brillamment ses humanités dans sa ville natale, fut envoyé par sa famille à l’Université de Louvain, où son intelligence vive et ses goûts studieux lui valurent de nouveaux succès. Il y prit tout d’abord place parmi les élèves les mieux doués et ne sortit de cette institution célèbre qu’après avoir obtenu, en 1782, l’ovation triomphale, qu’on décernait, annuellement, au primus des trois facultés : celles de droit, des lettres et des sciences. L’étude des hommes vint bientôt féconder en lui le savoir ; il se rendit à l’étranger, visita les institutions scientifiques de l’Allemagne et de l’Italie, et se prépara, en quelque sorte à son insu, à remplir le rôle utile qui lui était réservé au milieu des agitations de son époque.

Revenu en Flandre, Beyts y fut successivement substitut du procureur général, conseiller pensionnaire et greffier en chef du magistrat de la ville de Bruges. Il n’occupa que peu de temps ces em-

  1. Et non Beytz ou de Beytz, ainsi que l’indiquent abusivement plusieurs biographies françaises.