Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/258

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flamande, est devenu d’une insigne rareté. Son sujet l’explique, et les inquisiteurs des Pays-Bas croyaient si bien qu’ils en avaient détruit toute l’édition qu’ils ne jugèrent point à propos d’en donner le titre dans leur index de livres prohibés de 1570. Le voici dans toute sa prolixité : Meer dan twee hondert ketteryen, Blasphemien en nieuwe leeringen : welcke wt de Misse synde ghecomen : eerst van Petro Bloccio, schoolmeester te Leyden, int latyn gemaeckt, daernae in Duytsch voor slechte menschen overgheset, op dat se moghen weten dat de Paussche kerk een fonteyn is van allen ketteryen onder decksel van heylichheyt. Darom dwaelt ghy, om dat ghy de Schrift niet weet. Marci 12, 1567, in-8° du temps, sans nom ni lieu.

Le savant Paquot est parfaitement excusable de n’avoir point cité ce livre, mais Valère André et Foppens ne le sont pas d’avoir refusé à Pierre Blocx la place qui lui appartient dans le Panthéon littéraire des Pays-Bas.

C.-A. Rahlenbeek.

N. C. Kist, Archief voor Kerkelyke Gesch. van Nederland, voir les vol. I, X et XIII. — Paquot, Histoire littéraire des Pays-Bas, t. XI. — Wagenaar, Vaderlandsche historie, t. VII. — A. s’ Gravezande, Twee honderdjarige Gedacht., enz. Middelb., 1769.

BLOEMARDINE, femme mystique, vivait à Bruxelles, au commencement du xive siècle, et adhérait à la secte des Beggards et des Béguines. Cette secte, qu’il ne faut pas confondre avec les filles dévotes connues aujourd’hui sous ce dernier nom, professait un mysticisme auquel se mêlait la corruption des mœurs ; elle prétendait que, dès cette vie, l’homme peut atteindre un état dans lequel le péché, aussi bien que l’avancement dans la vertu, lui deviennent impossibles ; et qu’ainsi il peut, sans commettre des fautes, se livrer à toutes ses passions, même les plus honteuses. Bloemardine défendit chaleureusement par sa parole et par ses écrits ces doctrines dérivées du gnosticisme oriental, et dont Tanchelin s’était déjà fait le propagateur eu Belgique deux siècles auparavant. Elle était douée d’une intelligence supérieure et d’un talent oratoire des plus remarquables. Les chroniqueurs contemporains rapportent que ses adhérents, qui la croyaient accompagnée de deux séraphins quand elle s’approchait de la sainte communion, lui offrirent un siége en argent, dans lequel elle se plaçait pour écrire ses ouvrages, et auquel on attribua ensuite une vertu miraculeuse. Ce siége fut donné, après la mort de Bloemardine, à la duchesse de Brabant.

Bloemardine composa quelques écrits en faveur des doctrines qu’elle professait. Elle y traitait avant tout de l’esprit de liberté et de l’amour extatique dans lequel les Beggards faisaient consister le suprême degré de perfection. Ces ouvrages, qui ne sont pas parvenus jusqu’à nous, furent combattus victorieusement par Jean de Ruysbroeck, dans différents traités ascétiques, dont quelques-uns récemment mis au jour par M. le professeur David, font partie des publications de la Société des Bibliophiles flamands.

E.-H.-J. Reusens.

Sanderus, Chorographia sacra Brabantiæ, t. II, pp. 30 et 114. — Mastelinus, Necrologium Viridis Vallis, p. 91. — Wauters, Histoire de Bruxelles, t. I, pp. 86 et suiv.

BLOEMEN (Jean-François VAN), peintre et graveur, frère des suivants, né à Anvers, en 1662, mort à Rome, en 1740, selon la plupart des auteurs, en 1748 ou 1749, selon quelques autres. Heineken est le premier qui attribue à ce peintre le prénom de Jules ; quoiqu’il n’ait donné à sa version aucun motif sérieux, elle a cependant été suivie par Leblanc qui, dans son Manuel de l’ amateur d’estampes, le nomme Jules-François. M. Villot, dans son catalogue du Louvre, donne les deux versions ; M. Julius Hubner, dans celui du Musée de Dresde, le nomme François, sans plus. M. Waagen dit Jules-François, ainsi que M. Engert, de Vienne. On voit que l’erreur de Heineken a fait du chemin. De même, tous les auteurs se sont trompés pour les dates de naissance ou de mort des trois frères Van Bloemen ; tous ils ont fait naître Jean-François en 1656, et ont avancé, en outre, qu’on ne savait pas chez quel maître il avait appris la peinture. Ces divers faits ont été établis récemment