Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/261

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Van Bloemen ; doué de rares aptitudes, il parvint bientôt à acquérir un véritable talent. La bande artistique de Rome le surnomma Standaerd (Étendard), à cause, prétend-on, de la préférence avec laquelle il peignait de longues caravanes. (Nous avouons ne pas saisir l’analogie.) Il revint ensuite dans sa ville natale où il se fit connaître par des compositions qui obtinrent bientôt la faveur publique. Jeune encore, et placé dès 1699, comme directeur à la tête de l’Académie d’Anvers, il y eut un assez grand nombre d’élèves ; voici le nom de ceux qui sont inscrits au Liggere : Daniel Jacques de Bruyn et Guillaume de Haen, en 1694 ; Jean-Baptiste Wouters, Joseph van Hontsum et Jean-Baptiste Hermans, en 1700 ; Pierre van Aken, en 1710 ; Jean Vande Greyn, en 1716, et Jean Auguste Waets, en 1718. D’après la tradition, il mourut l’année suivante, en 1719. On le voit, aucun de ses élèves n’est parvenu à passer à la postérité ; leurs noms sont tous restés inconnus. Pierre van Bloemen peignit des kermesses, des foires, des campements, des paysages étoffés, des marchés aux chevaux, des caravanes, des fêtes romaines, etc. Il aimait, dans certaines de ses toiles, à revêtir ses petits personnages de costumes orientaux. Sa composition et son ordonnance sont riches et variées, sa couleur est bonne, son dessin correct ; sauf un peu de raideur, ses toiles ont beaucoup de mérite ; la partie où il excellait, c’est la représentation des chevaux ; les fonds de ses paysages sont enrichis par des ruines, des statues brisées, fort adroitement agencées ; son pinceau est facile ; il travailla avec tant de zèle en Italie qu’il réussit à remplir ses portefeuilles de beaux dessins, de croquis naturels et intéressants d’après lesquels il peignit par la suite la plupart de ses tableaux. L’Angleterre lui acheta beaucoup de ses ouvrages, ainsi que la Hollande et l’Allemagne. Descamps cite un M. D’hane de Leuwerghem, à Gand, qui, à son époque, possédait de Pierre van Bloemen deux beaux paysages ornés de figures et d’animaux ; puis un M. Horutner, à Rouen, qui avait aussi deux œuvres du même artiste, des caravanes avec beaucoup de figures et des animaux de toute espèce. Immerzeel fait un éloge mérité des chevaux de Pierre van Bloemen ; « ils les peignait, dit-il, dans un style remarquablement beau, leur donnant une ardeur particulière, des poses pleines de grâce et infiniment de naturel. » Ses meilleures toiles, celles où il a pu éviter la raideur, sont très-recherchées. Son portrait, dessiné aux deux crayons, rouge et noir, par lui-même, s’est rencontré, en 1833, dans la vente du cabinet artistique de M. Goll van Franckenstyn, à Amsterdam.

Le Musée de Dresde possède plusieurs morceaux de cet artiste : Un cavalier tenant des chevaux, devant des ruines romaines (signé : P. V. B., 1710) ; Des cavaliers et un palefrenier (signé de même) ; Bêtes de somme devant une auberge (signé : P. V. B., 1718) ; Famille nomade en route avec divers animaux ; Des pêcheurs. — A Berlin : La cantinière et les cavaliers (signé : P. V. B.). — A Vienne : Deux paysages italiens avec figures. — A Copenhague : Un maréchal ferrant. Pierre van Bloemen a gravé, tout le monde l’assure, mais peu de personnes paraissent avoir rencontre son œuvre. Leblanc se borne à dire : « Il a gravé, dit-on, deux petits paysages qui sont très-rares et cinq vues de Rome. »

Ad. Siret.

BLOIS (Ferdinand-Victor-Alexis DE), docteur en médecine et en chirurgie, né à Pommerœuil, province de Hainaut, le 9 janvier 1799, mort à Tournai le 23 janvier 1830. Fils d’un médecin distingué, il céda au penchant pour ainsi dire irrésistible qui le poussait vers les études chirurgicales ; aussi, est-ce comme chirurgien opérateur qu’il a laissé les plus honorables souvenirs. Après avoir fait ses humanités à Mons, il suivit à Louvain les cours de l’Université et y subit ses divers examens de la manière la plus distinguée. Non satisfait de posséder le diplôme de docteur, il se rendit à Paris pour se perfectionner dans la pratique de la médecine opératoire à l’école du célèbre Dupuytren. Enfin en 1820, il se fixa à Tournai ; il s’y fit une réputation de