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savoir, de désintéressement et, comme opérateur, d’habileté extraordinaire.

Quoique jeune encore quand il mourut, il avait déjà su se distinguer comme professeur à l’école de chirurgie de l’hôpital civil, où il occupa la chaire de chirurgie et d’accouchements ; il se fit pareillement remarquer dans les fonctions de directeur du Jardin botanique et du Musée d’histoire naturelle de la ville de Tournai. Enfin il rendit les plus grands services en qualité de secrétaire de la Société médicale d’émulation. La science le comptait au nombre de ses plus zélés adeptes ; il l’eût enrichie d’importantes observations, s’il avait eu le temps de mettre la main à des notes fugitives, qu’il se proposait de développer et de rendre publiques. Il a conservé en portefeuille des fragments qui dénotent l’observateur instruit, l’homme de talent. La Société médicale d’émulation possède de lui des mémoires qui paraissent dignes d’être publiés.

Aug. Vander Meersch.

Archives du nord de la France. t. I, p. 486.

*BLOIS (Guillaume DE), homme de guerre du xvie siècle, né vers 1530, mort en 1594 au château de Zwieten, en Hollande. On suppose qu’il reçut le jour à la Brille, ancienne ville du comté de Zélande, située à l’embouchure de la Meuse, où son père avait rempli les fonctions de gouverneur ou de bailli. 11 faisait volontiers remonter l’origine de son nom aux anciens comtes de Blois, en France, de la maison de Châtillon. Ses biens étaient considérables : il possédait, en Belgique, la magnifique terre de Treslong, celles d’Oudenhoorn, de Greysoort et de Peteghem ; en Hollande, le pays de Stein et les seigneuries de Berenthuysen et de Gabouw. Il avait été page de Maximilien de Bourgogne, marquis de Vere et gouverneur de Zélande, qui l’appuya en toute occasion de son crédit. C’est ainsi qu’en 1556 il fut du voyage de Charles-Quint en Espagne, A son retour, il accompagna, en qualité de secrétaire, l’amiral de Boschuysen en Danemark. Pour lui, comme pour la plupart des gentilshommes de son temps, la diplomatie était un passe-temps, mais la guerre une occupation sérieuse. Il est donc juste que nous mentionnions sa présence à Gravelines et à Saint-Quentin et sa campagne contre les Turcs, sous les drapeaux de la France. Quand la révolution éclata, en 1566, il venait de rentrer dans sa patrie, comme nous le prouve la signature qu’il apposa sur l’acte de confédération des Nobles et sa présence au congrès de Saint-Trond. L’intimité de ses rapports avec Brederode et les autres chefs du mouvement lui eût fait partager le sort de son frère aîné, Jean, décapité en 1568, à Bruxelles, par les ordres du duc d’Albe, s’il n’avait point été hors d’atteinte. Il répondit à la citation du conseil des troubles en se battant bravement pour l’affranchissement national à Heyligherlée et à Jemmingen. A peine remis de graves blessures reçues dans cette dernière affaire, il équipa à ses frais un vaisseau, et s’en alla rejoindre les Gueux de mer. Étant revenu, en 1571, à Emden pour y embrasser sa mère, le comte d’Ost-Frise, dont il était l’un des gentilshommes, le retint plus de trois mois en prison, sous l’accusation de piraterie. Guillaume de Blois s’échappa. Monté à bord de son vaisseau, il voulait rallier au Texel la flotte des Gueux, mais l’état de la mer s’y opposa. Il dut relâcher devant Wieringen. Son navire y fut pris par les glaces. Les Espagnols envoyèrent aussitôt contre lui quatre enseignes de piétons avec de l’artillerie. Il refusa de se rendre, démonta l’un après l’autre les canons ennemis, et, prenant l’offensive à son tour, il chassa devant lui les soldats de Philippe II. Il réussit ensuite à accomplir un autre tour de force : il rompit à coups de canon la glace qui l’enserrait, se fraya un passage et s’éloigna dans la direction de l’Angleterre en saluant de joyeuses clameurs les rivages qui bientôt allaient lui devoir leur affranchissement du joug étranger. Ce fut lui, en effet, qui, en sa qualité de fils de l’ancien gouverneur de la Brille, facilita grandement à ses compagnons d’armes la prise et la conservation de cette place dont la conquête rendit du cœur à tous ceux qui doutaient