Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/263

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du succès de la révolution. Le titre de commandant de la ville conquise et de capitaine général de l’île de Voorn lui revenait ; il l’obtint et le conserva jusqu’en 1576. L’amiral de Zélande, Louis de Boisot, étant mort sur ces entrefaites, il devint son successeur. Malheureusement des démarches tentées à diverses reprises pour le ramener sous l’autorité du roi d’Espagne vinrent le compromettre. Il eut beau, après cela, se dévouer à la cause qu’il avait embrassée avec tant d’ardeur, d’odieux soupçons le suivirent à Dunkerque, à Nieuport, à Ostende, et finirent par amener son arrestation, à Middelbourg, en 1585. Aurait-il pu, à ce moment-là, sauver Anvers et délivrer l’Escaut, ou bien ne le voulut-il point ? Cette question n’a pas encore été convenablement élucidée. Nous savons toutefois qu’on lui refusa l’argent qu’il demandait, et que les officiers de la flotte hollandaise déclarèrent folle et téméraire toute entreprise contre le duc de Parme. De quel côté convient-il de faire peser une accusation de trahison et de lâcheté ?

La reine d’Angleterre, qui vit probablement en Guillaume de Blois la victime des plus odieuses machinations, demanda que son procès fût promptement instruit, mais ce ne fut qu’en 1591 qu’un arrêt de la cour de Hollande proclama son innocence. Le titre de lieutenant grand-fauconnier de Hollande, que lui octroya Maurice de Nassau, en 1593, fut le témoignage public de sa réconciliation avec la maison d’Orange. Son fils Gaspard publia, longtemps après sa mort, sa justification sous le titre de : Corte en waerachtighe verantwoordinghe van Jonckheer Jaspar van Bloys gheseit Treslong, teghen de onwaerachtighe ; , valsche en versierde injurien, in druck uytgegeven tot nadeel en oneere van de memorie van Jonckheer Willem van Bloys gheseit Treslong.

Le but de ce tardif écrit était surtout de répondre aux calomnies répandues par le résident français Maurier, dont le principal grief contre la mémoire de l’amiral des Gueux consistait dans la préférence accordée par celui-ci au patronage de la couronne d’Angleterre et dans sa vive amitié pour le comte de Leicester. L’historien Van Meteren fut au nombre de ceux qui réformèrent leur jugement après avoir lu cette justification, mais il n’en est pas moins constant, qu’en pareil cas, un fils est nécessairement partial, et nous ne pouvons que regretter davantage que la biographie de Guillaume de Blois, écrite par O.-Z. van Haren et destinée à l’impression, ait été dévorée par un incendie avec la bibliothèque de ce savant.

C.-A. Rahlenbeck.

J.-W. te Water, Historie van het Verbond en de smeekschriften der nederlandsche Edelen, t. II. — A.-P. van Groningen, Geschiedenis der Watergeusen. — P. Bor, Nederlandsche historien, liv. VIII, IX, XV. XVII, XVIII et XX. — Altmeyer, Revue trimestrielle, vol. XXXVII. — Voir aussi Strada, Hooft, Van Meteren, Wagenaar et Van Reyd.

BLOIS (Jean-Baptiste, chevalier DE) ou BLOYS, conseiller au conseil de Flandre, ne à Gand vers 1566, de Corneille de Blois et d’Anne De Boodt, et mort le 22 septembre 1647, entra au conseil de Flandre vers la fin de l’année 1593, et les archiducs renouvelèrent le 27 août 1601 ses patentes pour les fonctions d’avocat fiscal. Finalement, par une commission du 23 juin 1605, il devint conseiller ordinaire, en remplacement de Guillaume de Coornhuyse, et fut pendant longtemps vice-président de cette cour. Il avait épousé la fille du conseiller Pierre van Beveren.

De Blois est surtout connu par la grande part qu’il a prise, avec son collègue Gilles Stalins, à la publication du grand recueil flamand des placards de Flandre, ouvrage divisé en six livres et portant pour titre : Placcaet boeken. Ces magistrats recueillirent pour le deuxième, les édits et autres actes se rapportant principalement aux années 1560 à 1629 et les publièrent en 1629 à Gand, en un volume de sept cent quatre-vingt-quinze pages sans les tables. Quant au premier livre renfermant les actes remontant à l’année 1559, ils en donnèrent à Gand, en 1639, une nouvelle édition, en un volume de huit cent quinze pages et l’enrichirent de tables et d’annotations marginales. Ces deux livres furent réimprimés à