Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/288

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tropiques. Dans la séance du 18 mars 1785, il lut un Mémoire sur la matière colorante du quinquina rouge.

L’Académie avant résolu de former un cabinet de chimie sous la direction de l’abbé Mann, le professeur de Louvain contribua pour une large part à cet établissement. Dans la séance du 8 avril 1785, il offrit divers objets chimiques de sa composition.

L’activité de Van Bochaute n’eut plus de relâche ; toutes les fois qu’il se rendait aux séances académiques, il déposait de nouveaux travaux. A la séance du 8 avril 1785, il communiqua une Note sur la congélation subite du vinaigre radical. A celle du 20 novembre suivant, il lut un mémoire sur l’Origine et la nature du chyle.

Les mêmes idées progressives germent souvent en même temps dans les têtes des savants ; pendant que les chimistes français, à la tête desquels se trouvait Lavoisier, s’occupaient de reformer la nomenclature chimique, le professeur de Louvain présenta, à la séance de l’Académie du 5 mars 1787, une Nouvelle nomenclature chimique, étymologiquement tirée du grec. Van Bochaute, ayant eu connaissance du travail soumis à l’Académie des sciences de Paris, retira le sien, parce qu’il le trouva inférieur. Il publia toutefois sa nomenclature en 1788, en mettant en regard celle des chimistes français. La conquête ayant réuni la Belgique à la France, la nomenclature de Lavoisier, qui était plus euphonique, fut généralement adoptée en notre pays. Cette publication fut la dernière du professeur de Louvain. Par décret impérial du 17 juillet 1788, les facultés de droit, de médecine et de philosophie furent transférées à Bruxelles. Van Bochaute y suivit la faculté de médecine, au grand mécontentement du pays. Joseph II combla la mesure des illégalités par le décret du 6 juin 1789, déclarant tous les priviléges de la Joyeuse entrée révoqués, cassés et annules. C’était appeler la révolution. Aussi, le 17 décembre 1789, la Belgique s’affranchit-elle de la domination autrichienne. Le 4 mars 1790, l’université fut réinstallée à Louvain et les anciens professeurs rentrèrent dans leurs droits. On ne fit d’exception que pour ceux qui avaient eu la faiblesse de se montrer trop dévoués aux innovations de l’empereur. Le professeur Van Bochaute fut de ce nombre. Il resta à Bruxelles, où il mourut peu de jours après.

Voici la nomenclature des travaux de Van Bochaute : 1° Dissertatio physiologico-chemica de bile. Louvain, 1778, in-8° de 72 pages. — 2° Mémoire sur l’origine et la nature de la substance animale. Bruxelles, 1781, in-4° de 13 pages. (Mémoires de l’Académie de Bruxelles, t. IV.) — 3° Essai sur la reproduction des êtres organisés et la continuation de leurs espèces. Bruxelles, 1781,in-4° de 9 pages. (Mémoires de l’Académie, t. IV.) — 4° Projet pour établir des nitrières végétales dans ces pays par une abondante culture du Botrys ambrosioides mexicana et du Botrys ambrosioides vulgare. Bruxelles, 1783, in-4° de 5 pages. (Mémoires de l’Académie, t. IV.) — 5° Mémoire sur le cuivre de Hongrie, Bruxelles, 1783, in-4° de 5 pages. (Mémoire de l’Académie, t. IV.) — 6° Mémoire sur la matière colorante du quinquina rouge. Bruxelles, 1785 (en manuscrit). — 7° Note sur le liquor terræ foliatæ tartari. Bruxelles, 1785, in-4°. — 8° Note sur la congélation subite du vinaigre radical. Bruxelles, 1785 (en manuscrit). — 9° Mémoire sur l’origine et la nature du chyle. Bruxelles, 1785 (en manuscrit). — 10° Projet d’un établissement en forme d’hôpital pour les villages en temps d’épidémie (en manuscrit). — 11° Nouvelle nomenclature chimique, étymologique, tirée du grec. Bruxelles, 1788, in-8°.

C. Broekx.

D’Avoine, Notice sur Charles van Bochaute, Malines, 1851, in-8°. — Prodrome de l’histoire de la faculté de médecine de l’ancienne Université de Louvain, par C. Broekx. Anvers, 1865, in-8°.

BOCHIUS (Ambroise), écrivain ecclésiastique, né en Flandre en 1591, mort à Cologne le 27 juillet 1635. Voir Bocq (Ambroise de).

BOCHORINC (Henri) ou BOXHORN, théologien protestant, né à Bruxelles en 1550, mort en 1631 ou 1632.