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lui deux anges tenant les instruments de la passion.

M. Borrekens a gravé plusieurs portraits, dont un d’après A. van Diepenbeek : le prélat Christophe Butkens; six d’après Anselme van Hulle, tous de format in-folio, entourés d’encadrements à attributs ou accessoires allégoriques : Ang. Carpzou, — G.-A. Heber, — Henri Langenbeek, — Guill. Riperda, — Gerhard Schepeler, — Jean de Crane, ministres plénipotentiaires à la conclusion de la paix d’Osnabruck et de Munster, en 1648. Ces portraits firent partie du recueil publié, d’abord partiellement, à Anvers, en 1648 et 1649, ensuite à Rotterdam, en 1697, au nombre de cent trente et un. Tous ces portraits avaient été peints par Van Huile, à Munster, pendant les négociations de paix, pour le prince d’Orange Frédéric-Henri, sou protecteur. Ce remarquable recueil est intitulé: Pacificatores orbis christiani, sive icones principum, ducum et legatorum, qui Monasterii atque Osnabrugæ pacem Europæ reconciliarunt, quos singulos ad nativam imaginem expressit A. van Hulle, celsissimi principis Auriaci dùm vireret pictor, optimorum artificium dexteritate, CXXXI tabulis æneis incisæ. L’édition de Rotterdam (1697) a aussi un titre en Hollandais. Parmi les graveurs de renom qui participèrent à la reproduction de ces portraits historiques d’Anselme van Hulle, se rangent Paul Pontius, Pierre De Jode, Corneille Galle le jeune et Théodore Matham. Les portraits signés M. Borrekens peuvent rivaliser avec ceux de ces coopérateurs.

Il existe de lui quelques portraits d’après ses propres dessins et le frontispice gravé d’après A. van Diepenbeek pour l’ouvrage de Butkens : Les trophées sacrés et profanes du duché de Brabant. Il a travaillé dans le genre de Paul Pontius, mais n’a pas égalé son émule et son modèle. Il burinait avec franchise et netteté, et a réussi le mieux dans la gravure du portrait. La pièce la plus rare de son œuvre est la Sainte Barbe, de Rubens, estampe grand in-folio.

Edm. de Busscher.

BORREMAN (Jean), sculpteur-statuaire, exerçait son art à Bruxelles dans la première moitié du XVIe siècle. Les dates de sa naissance et de son décès sont ignorées; toutefois il est tenu pour Bruxellois d’origine. Les documents contemporains mentionnent de cet artiste d’assez importants travaux de sculpture. En 1511, il exécuta pour le palais des ducs de Brabant, à Bruxelles, un lion en pierre, de sept à huit pieds de long, qui fut posé sur le faîte de la façade. De 1513 à 1521, lors de l’agrandissement de la place du Palais, pour former la Cour des bailles, ainsi nommée à cause de la balustrade en pierre bleue, à meneaux flamboyants, avec colonnes et piédestaux, dont on l’entoura, Jean Borreman sculpta les modèles en bois des statues et des figures d’animaux destinées à être placées sur les colonnes et les piédestaux. Le peintre Jean van Roome dessina les patrons de ces modèles, que le fondeur Jean van Thienen s’engagea à couler en bronze. Mais il ne livra qu’une partie des figures d’animaux et quatre statues, de grandeur mi-naturelle, représentant : Godefroid le Barbu, Godefroi II, son fils, Maximilien d’Autriche et Charles-Quint, que l’on éleva sur les colonnes aux deux entrées principales de la Cour des bailles. Les figures de quadrupèdes et d’oiseaux reçurent d’autres destinations; trois de ces figures, entre autres, furent remises en 1517 au maître menuisier de la ville, pour les utiliser dans la reconstruction de la halle au pain (Broodhuys), dite plus tard la Maison du Roi, sur la Grand’Place de Bruxelles. Après la destruction de la résidence souveraine des ducs de Brabant et des gouverneurs généraux des Pays-Bas, par le terrible incendie de 1731, les quatre statues de Jean Borreman furent déplacées. L’une d’elles fut érigée sur le rempart avoisinant, et brisée en 1790; les autres, qui décorèrent les pilliers de la porte du rempart, dans la rue Ducale, furent renversées en 1793, par les républicains français, et converties en monnaie de billon. Chaque statue pesait environ huit cents livres, et le métal en avait coûté dix-neuf florins du Rhin le quintal.

En 1529-1530, le sculpteur Pas-