Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/479

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rage pas encore l’ancien chef des confédérés. Retiré à Amsterdam, il s’efforce de gagner le peuple : il va lui-même dans les jardins publics, où les bourgeois se réunissent pour tirer de l’arc ou de l’arquebuse, afin d’y recruter des partisans; son but est de se rendre maître de la ville. Ayant échoué dans cette tentative et apprenant que le prince d’Orange s’est retiré en Allemagne, lui aussi cherche son salut dans l’exil. Le 27 avril 1567, à onze heures du soir, il s’embarque avec sa femme et un certain nombre de gentilshommes, se dirigeant vers Emden. Là il élève la voix lorsque le duc d’Albe est venu remplacer Marguerite de Parme. Protestant contre la tyrannie du nouveau lieutenant de Philippe II, le traitant de « More renégat », il s’efforce d’agiter les Pays-Bas et d’organiser une nouvelle confédération. Tel est l’objet du second Compromis qu’il signe avec sept autres exilés, gentilshommes comme lui. Dernier et vain effort d’un cœur généreux et d’un esprit étroit; dernière illusion de Bréderode dont la devise était le mot Peut-être. Il mourut le 15 février 1568, au château de Varenburch, où le comte Joost de Schauenbourg lui avait offert un asile. Le comte de Hoogstraeten écrivit à Louis de Nassau, le 26, que la fin de Bréderode avait été fort belle et non comme ses calomniateurs voudraient l’interpréter. L’ancien chef des confédérés reposait depuis plus de trois mois à Gehmen (pays de Clèves) lorsque le duc d’Albe, qui n’avait pu le saisir vivant, s’avisa de le poursuivre dans la tombe. Par sentence du 28 mai 1568, le conseil des troubles le bannit à perpétuité et confisqua ses biens. Vengeance digne du duc d’Albe.

Th. Juste.

Archives de la maison d’Orange-Nassau. — Correspondance de Philippe II, tirée des archives de Simancas. — Hendrick graaf van Brederode, mede-grondlegger der Nederlandsche vryheid, verdedigd, door M. C. Van Hall (Amsterdam, in-8°, 1844), etc.

BRÉE (Mathieu-Ignace VAN), peintre d’histoire et de portrait, naquit à Anvers, le 22 février 1773. Son père était peintre décorateur et n’avait d’autre fortune que celle qui provenait de son travail; l’enfant fut destiné à apprendre le métier de son père et il aida vaillamment celui-ci dès qu’il fut en âge. Mais la vocation artistique se fit bientôt jour et le jeune Van Brée obtint la permission de fréquenter les cours de l’Académie sans négliger toutefois le travail qui subvenait aux besoins de la famille. L’Académie avait de consciencieux professeurs; parmi eux Guillaume Schaeken et Pierre-Jean Van Regemorter s’occupèrent de notre artiste; c’est au dernier qu’il dut ses premières leçons. Van Brée les mit si bien à profit que de 1789 à 1794 il monta de la septième place à la première. La décadence dans les arts était si grande à Anvers que le jeune peintre comprit qu’il devait chercher à se perfectionner ailleurs; malheureusement ce n’est pas à la Belgique seule que s’arrêtait la décadence; l’Europe entière subissait le même sort et Paris même, malgré la rénovation commencée par David, n’offrait pas encore un enseignement de nature à attirer les jeunes artistes. C’était cependant là qu’il y avait le plus à étudier; le succès de Suvée tenta Van Brée et il partit rempli d’ardeur, mais peu fourni d’argent. Les commencements furent difficiles; plus d’une fois, le courage de Van Brée fléchit, mais une chance favorable le fit admettre à l’atelier de Vincent, et dès lors le fondateur de notre jeune école était sauvé. Vincent, élève de Vien, avait de bonnes traditions, et, si ses productions portent le cachet de l’époque, son enseignement était du moins basé sur les vrais principes. Van Brée travailla nuit et jour; comme s’il avait pu pressentir la carrière qui lui était destinée, il dévora les livres où il apprenait la science, il se rendit familière l’anatomie dans laquelle il excella; il acquit enfin, en quelques années, l’érudition qui fit de lui, plus tard, le professeur par excellence.

En 1797, Bonaparte, premier Consul, réorganise les concours généraux; Van Brée se met à l’œuvre; il remporte le second prix avec son tableau de la Mort de Caton, une de ses meilleures compositions. Il faut noter ici que ce concours, après une suspension de six années, fut très-important. Les efforts de