Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/478

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ponse dont leur requête avait été l’objet. De Bruxelles il se rendit à Anvers, plein de confiance dans le succès de la confédération. Partout il est accueilli avec enthousiasme. A Anvers, plus de quatre mille personnes s’amassent devant l’hôtel du Lion rouge, où il est descendu. Il paraît à la fenêtre, le verre à la main, et harangue le peuple qui lui répond par des acclamations. La foule l’escorte ensuite jusqu’aux portes de la ville. — Du mois d’avril au mois de juillet 1566, presque toutes les provinces sont agitées par les prédications des luthériens et des calvinistes qui jouissent de fait, grâce à l’énergie des confédérés, du libre exercice de leur religion. L’agitation est grande, surtout à Anvers, où, pour empêcher la prédominance des dissidents, Marguerite de Parme se propose de mettre garnison. Afin de déjouer ce projet, Bréderode revient à Anvers le 5 juillet avec un assez grand nombre de gentilshommes. Le 13, il va au-devant du prince d’Orange qui est appelé par la bourgeoisie pour rétablir l’ordre et qui se rend à Anvers avec l’assentiment de la régente. Le lendemain, Bréderode part pour Saint-Trond où les confédérés se réunissent de nouveau. Des résolutions plus graves sont prises dans cette assemblée. Les confédérés ne se contentent point d’assurer une protection égale aux luthériens et aux calvinistes, ils décident que, pour maintenir la liberté de conscience, ils opposeront, le cas échéant, la force à la force. Marguerite de Parme, dans l’espoir de calmer cette effervescence, envoie à Duffel le prince d’Orange et le comte d’Egmont afin de s’aboucher avec les mandataires des confédérés. Bréderode prend part à cette conférence qui fut sans résultat. Les confédérés avaient déclaré qu’ils voulaient négocier à Bruxelles même; leurs députés s’y rendirent, en effet, mais sans Bréderode, qui craignait peut-être pour sa sûreté. La populace, fanatisée par les prêches, saccage les églises de la Flandre. Terrifiée par cette nouvelle, la gouvernante, presque prisonnière dans Bruxelles, signe, le 23 août, des lettres d’assurance pour les confédérés. Elle les garantit autant que possible contre la colère de Philippe II, et, de leur côté, ils promettent de s’opposer aux excès des nouveaux iconoclastes. Bréderode n’avait pas attendu cet engagement; il avait pris les armes et avait sauvé du pillage la célèbre abbaye d’Egmont près de Harlem. Mais, le 27 septembre, il fit enlever, au son du fifre et du tambour, — écrivait-on à la gouvernante — les images des églises de la ville de Vianen. Sans confiance dans l’accord du 23 août, doutant de la sincérité de Marguerite de Parme et prévoyant déjà une réaction, il commença aussi à lever des soldats. La gouvernante s’étant plaint de cette attitude presque menaçante, le prince d’Orange s’efforça de disculper Bréderode. « Ce seigneur, en levant cent cinquante hommes, n’avait eu d’autre but, disait-il, que de pourvoir à la sûreté de sa ville et de sa propre personne. » Les violences des sectaires provoquèrent la réaction prévue et redoutée par Bréderode. Les confédérés se divisèrent, et Marguerite de Parme sut habilement profiter de leurs discordes. Autant elle avait montré de faiblesse naguère, autant elle se montrait maintenant impérieuse. Tout en rassemblant des troupes elle ordonna la cessation des prêches et des exercices de la nouvelle religion. Elle alla plus loin. Elle enjoignit aux chefs des bandes d’ordonnance, de même qu’à tous autres gentilshommes et vassaux, de prêter le serment de servir le roi envers et contre tous et de renoncer à toutes ligues contraires à cette obligation. Bréderode refuse de prêter un pareil serment et se prépare, mais trop tard, à une lutte ouverte. Il conclut avec les députés des communautés protestantes, réunis à Anvers, une convention par laquelle il promet de les maintenir en l’exercice libre de leur religion, tandis que, de leur côté, ils s’obligent à lui fournir un subside qui sera réparti sur leurs églises, Bréderode, appuyé sur les communautés protestantes, délivre des commissions pour enrôlement de gens de guerre, à pied et à cheval. La sanglante défaite essuyée par Jean de Marnix à Austruweel ne décou-