Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/84

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


du chevalier errant, livre allégorique et pieuse du père Cartigny ou de Carteny, carme de Valenciennes. Philippe Brasseur a célébré le mérite du poëte traducteur, Lucas Bellerus Antverpiensis, et relevé en même temps la réputation acquise à Anvers par les Beller dans l’art typographique, et cependant cette version latine était conservée en manuscrit jusqu’en 1637, chez un des Beller d’Anvers, du nom de Gaspar.

Félix Nève.

Biographie universelle (suppl). t. LVII, p. 513. — Brasseur, Sydera illustrium Hannoniæ scriptorum, p. 10. — A. Dinaux, Archives du nord de la France, etc., t. IV, p. 281-282.

BELLET (Jean), poëte flamand, écrivain dramatique et typographe distingué, était fils de François Bellet, originaire de Saint-Omer, qui vint s’établir à Ypres, en qualité d’imprimeur, en 1608. Jean était maître de poésie de la chambre de rhétoritiue, de Rosieren, à Ypres, dès 1620. Bien qu’il n’ait pas, selon toute probabilité, vu le jour dans cetie ville, l’on ne saurait lui refuser la qualité de littérateur flamand : elle lui appartient tout à la fois, par ses œuvres dramatiques et par le long séjour qu’il fit dans l’ancienne capitale de la Flandre occidentale.

Jean Bellet versifia et publia, en 1625, un opuscule, traduit du latin en flamand par son père ; il porte pour titre : De Welvoeghinghe ofte beleeftheyt in den gemeynen handel onder de menschen. Poëte dramatique très-fécond, il composa des comédies et des tragédies et l’administration communale d’Ypres le chargea, tous les ans, de la pièce qu’on représentait en plein air, à l’occasion de la fête communale, dite Thuindag. Feu le docteur Van Daele, d’Ypres, nous a transmis dans son Tydverdryf, publié en 1805 et 1806, des particularités curieuses sur le poëte Bellet, dont il ose comparer la versification à celle de Cats ; c’est lui qui nous a fait connaître, par des extraits, plusieurs de ses pièces de théâtre, notamment celle composée et représentée, avec l’aide des rhétoriciens, de Rosieren, dits de Sainte-Anne, le 17 septembre 1622, l’occasion du mariage de Ghislain Baelde, premier prince de cette société, depuis sa réorganisation, et dont le sujet : « Quel tourment souffre un amant avant de plaire à sa bien-aimée » fut proposé par le prince lui-même. Le 17 février 1629, il fit représenter une autre comédie, à l’occasion du mariage de Pierre Vande Casteele, seigneur de Triols, prince de la même gilde.

L’analyse des écrits de Bellet, faite par M. Van Daele, nous apprend encore qu’il composa, en 1632, son Wenceslas, et en 1635, David en Betsahée. Il cite également de lui les comédies Francasso en Florette et Monsieur Lappe en Joffrouw Warmoes. Les intrigues de ces pièces se ressentaient en général, de la forme espagnole. Bellet forma un élève distingué, N. Verpoort, qui, lui succédant comme maître de poésie dans la société de Rosieren, fut chargé à son tour de la tragédie annuelle de la Thuindag. Jean Bellet était lié d’amitié avec ses contemporains Olivier de Vrée, Jacques Ymmeloot, Claude de Clerck et Lambert de Vos, également poëtes distingués. Van Daele exprime, dans son ouvrage, cité plus haut, ses regrets de ce qu’on n’ait pas publié les œuvres de Bellet ; nous regrettons à notre tour que son biographe ne nous ait pas mis sur les traces de ses manuscrits, qui sans doute existent encore en partie. On ignore l’année de la mort du poëte, mais elle est approximativement indiquée par l’avénement de son successeur à la maîtrise de poésie des Rosieren : ce fut Guillaume Seys, qui en prit possession en 1664. François et Jean Bellet ont édité quantité d’ouvrages, dont l’exécution typographique était très-soignée, notamment les œuvres in-folio d’Adrien Van Scrieck, seigneur de Radorne et de Loire. Le graveur yprois, Guillaume Du Tielt, a gravé beaucoup de titres pour leurs livres.

J. Vande Putte.

*BELLIARD (Augustin-Daniel, comte), lieutenant général français, ministre de France à Bruxelles. C’est à ce titre que ce diplomate doit figurer dans la biographie nationale.

Le comte Belliard naquit à Fon-