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CHAPITRE IX.


Le duc d’Orléans ménage soigneusement la chambre. — Ses prédilections. — Intrigues. — Deux partis dans la bourgeoisie. — Les Orléanistes abusent de leur victoire. — Aveuglement de Lafayette. — Complot avorté. — Les droits de le chambre mis en question. — Prudence du lieutenant-général ; bassesse des courtisans. — Projet de M. Bérard. — Les places envahies ; nuée de solliciteurs ; défections. — La révolution s’étend par toute la France. — Détails sur le mouvement révolutionnaire de Lyon. — Séance du 6 août. — Cris tumultueux. — Constitution refaite en quelques heures. — Entrevue de MM. Arago et Chateaubriand ; discours de ce dernier à la chambre des pairs. — Rôle subalterne de la Pairie. — Séance du 9 août. — Détresse des ouvriers. — On ne fait rien pour l’adoucir. — Protection accordée aux hommes de Bourse.


Le parti légitimiste était consterné. Le parti républicain venait de perdre une occasion dernière d’agiter les esprits. Le duc d’Orléans n’avait donc plus à redouter d’autre influence que celle de M. de Lafayette. On décida que l’emploi de commandant général des gardes nationales du royaume serait donné plus tard à ce vieillard redouté. C’était lui livrer la dictature, s’il eût été capable de la porter. Mais on le connaissait. En lui confiant un pouvoir qui, entre ses mains, ne devait être qu’une autorité d’étalage, on flattait sa vanité dans une juste mesure, on associait sa popularité aux premiers actes