Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 3.djvu/78

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se maintenaient qu’avec peine dans la rue de l’Annonciade, dominée par la place Rouville et par la maison Brunet, dont les insurgés s’étaient rendus maîtres.

Cependant, Lacombe, homme résolu et très-influent dans les faubourgs, se dirigeait vers le pont Lafayette, à la tête d’une colonne nombreuse, composée des habitants de Saint-Georges. Avant d’y arriver, il y envoya des parlementaires qui furent reçus à coups de fusil. Il se disposait à l’attaque, lorsqu’on vint lui apprendre que les soldats de la ligne, casernés aux Carmes-Déchaussés, menaçaient de prendre sa troupe par derrière. n change aussitôt de dessein, court à la caserne, s’en empare, et se dirige vers la place des Célestins où déjà s’était formé un rassemblement tumultueux. Là se trouvait un jeune homme intrépide, Michel-Ange Périer. Il portait la décoration de juillet à sa boutonnière. A la vue de ce signe auquel se liaient tant de souvenirs, on entoure Périer avec enthousiasme, on l’embrasse, et un ouvrier lui présente une carabine en disant : « Vous avez combattu en juillet pour la cause du peuple. Eh bien vous combattrez encore aujourd’hui pour cette cause. » Michel-Ange Périer prend vivement la carabine et répond : « Oui, mes amis, encore aujourd’hui, je défendrai la cause du peuple ; c’est la vôtre, c’est la mienne, c’est celle de tous. Vive la république ! » Vive la république ! répétèrent avec force un grand nombre de voix. Et le cortège se mit en marche vers l’Hôtel-de-Ville.

Ainsi, par la nature même des choses, la politique