Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 3.djvu/94

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M. Casimir Périer, de son côté, en rendant compte à la chambre de tant de désastres, déclara que « les événements étaient graves, mais que les mesures ordonnées par le gouvernement y répondaient par leur force, par leur rapidité, par leur ensemble[1]. »

Quant à la chambre, elle crut assez faire pour la guérison du mal immense dont l’insurrection lyonnaise était le symptôme, en présentant au roi, sur la proposition de M. Augustin Girand, une adresse ainsi conçue :

« Sire, nous avons entendu avec reconnaissance, en même temps qu’avec douleur, les communications franches et complètes que nous ont apportées les ministres de Votre, Majesté, sur les troubles qui ont éclaté dans la ville de Lyonn. Nous applaudissons au patriotique élan qui a porté le prince votre fils à se présenter au milieu des Français dont le sang coule, pour en arrêter l’effusion. Nous nous empressons d’exposer à V. M. le vœu unanime des députés de la France, pour que son gouvernement opposé à ces déplorables excès toute la puissance des lois. La sûreté des personnes a été violemment attaquée ; la propriété a été menacée dans son principe ; la liberté de l’industrie a été menacée de destruction ; la voix des magistrats n’a pas été écoutée. Il faut que ces désordres cessent promptement ; il faut que de tels attentats soient énergiquement réprimés. La France entière est blessée par cette atteinte portée aux droits de tous dans la personne de quelques citoyens elle leur doit une éclatante protection. Les mesures déjà prises par le gouvernement de Votre Majesté nous donnent la confiance que le retour de l’ordre ne se fera pas longtemps attendre. La ferme union des gardes nationales et des troupes de ligne rassure tous les bons citoyens. Votre Majesté peut compter sur l’harmonie des pouvoirs. Nous sommes heureux, Sire, de vous offrir au nom de la France le concours de ses dé-

  1. Séance du 25 novembre 1831.