Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/157

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des associations de cultivateurs formées par l’État, dirigées par lui, et destinées à agrandir, non pas la domination française, mais la patrie française.

Le nord de l’Afrique une fois gagné, le midi venait de lui-même à nous, grâce au mouvement d’échange qui appelait, chaque année, dans la zône des terres de labour les pasteurs des landes du Sahara.

Ainsi, la Méditerranée à rendre française, un sol fertile à exploiter, les relations commerciales de l’Algérie du sud avec Maroc, avec Tunis, à féconder et à étendre, une issue à fournir au débordement de cette marée de pauvres qui menace d’une prochaine et mortelle inondation nos sociétés d’Europe, voilà ce qu’en 1830 la fortune était venue nous offrir. Il ne nous restait plus qu’à savoir tirer parti de notre force et à justifier l’investiture que nous tenions de la victoire.

Or, si nous apportions aux Arabes, en même temps que le pouvoir et l’unité, nos lumières, nos arts, une notion plus haute de l’humanité, des mœurs plus douces, un sentiment délicat des choses, peut-être à leur tour nous pouvaient-ils induire à modifier quelques-unes de nos idées, surtout celles qui se rapportent à cet individualisme ombrageux d’où naît, dans nos villes et nos villages, une guerre sourde mais implacable et permanente.

Toujours est-il que c’était trop peu d’avoir étouffé, dans Alger conquis, un foyer de piraterie, et de camper sur la côte africaine, pour assurer le parcours de la Méditerranée : il était digne de la France