Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/159

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mieux choisir. Le maréchal Clauzel avait reçu cette forte éducation que l’Empire donnait au soldat. Il avait la conception hardie, le coup-d’oeil prompt; rien de médiocre ne lui plaisait : c’était un homme des grandes guerres.

Toutefois, il ne devait pas entièrement compter, pour vaincre en Afrique, sur les combinaisons de la tactique européenne; car les Arabes ont une manière de combattre qui leur est propre. Montés sur des chevaux agiles, pleins de feu, ils les manient avec une dextérité merveilleuse. Ils y sont encadrés sur des selles à pommeau et à palette très-élevés; et, grâce à la largeur, au rapprochement des étriers sur lesquels ils s’appuient et s’affermissent en se soulevant, ils peuvent, à cheval, faire un aussi libre usage de leurs fusils que s’ils étaient à pied. Leurs armes consistent dans des fusils beaucoup plus longs que les nôtres, des pistolets, et une espèce de coutelas, nommé yatagan. A en juger par les apparences, rien de plus incommode que leur costume, composé d’un burnous et, sous le burnous, d’un vêtement qui, serré au corps par une ceinture, se continue de manière à envelopper la tête, où il est maintenu par plusieurs tours de corde en poil de chameau formant turban. Et néanmoins, les Arabes portent ce costume avec beaucoup d’aisance. Intrépides à l’attaque, prompts à la retraite, ils sont d’une bravoure impétueuse, mais n’attachent à la fuite aucune idée de déshonneur, assez semblables en cela aux anciens Parthes. On les voit charger confusément, se disperser, disparaître, revenir tout-à-coup pour disparaître en-