Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/406

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éclaté surtout d’une manière non équivoque quand l’orateur l’avait montré prêt à couvrir de l’autorité de son nom les projets de réforme nourris par la Gauche. Et cependant on ne put s’accorder, les amis de M. Odilon Barrot n’ayant voulu à aucun prix livrer aux doctrinaires, dans la personne de leur chef, le ministère de l’intérieur. On juge si, dans un homme tel que M. Guizot, la blessure fut profonde. Quoi ! pour rapprocher du pouvoir ses anciens adversaires il s’était jeté au plus épais de la mêlée ! il avait bravé le roi, bravé la Cour, joué le démagogue, affronté des ressentiments furieux, renoncé au faste de son impopularité !… Et c’était là sa récompense ! Habile à garder les dehors du dédain et de la sérénité, il s’abstint également et de menacer et de se plaindre; mais la vengeance était au fond de son cœur, et ses alliés de la veille purent dès-lors le compter au nombre de leurs plus implacables ennemis.

Dans l’intervalle, Louis-Philippe, par l’intermédiaire du maréchal Soult, avait fait faire des ouvertures à M. Thiers, et M. Thiers avait répondu qu’il n’entrerait en pourparlers avec le roi que sur une invitation formelle et directe, soit qu’il craignît une embûche, soit qu’il fût bien aise d’avoir entre les mains la preuve écrite des avances dont on l’honorait. La lettre qu’il désirait lui fut adressée les négociations s’entamèrent; et, la première combinaison essayée ayant avorté comme on vient de le voir, M. Thiers s’empressa d’appeler à lui MM. Dupin aîné, Humann, Duperré, Sauzet, Passy, Villemain, Dufaure, tous membres du Centre Gauche. La pré-