Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/84

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Paris, au ministère des affaires étrangères, avait un caractère si menaçant, si injurieux, qu’adressée à une grande Puissance, elle eût été renvoyée immédiatement et sans réponse. Après avoir exprimé la satisfaction que causait au gouvernement du roi la démarche récente du Directoire, et après avoir dit « Il importe que les mesures ordonnées par le Vorort s’exécutent ponctuellement, » le rédacteur de la note rappelait l’expédition tentée en 1834 contre la Savoie et les tentatives qui avaient troublé la sécurité de certains états d’Allemagne. Puis il ajoutait ces lignes, où, comme au temps de l’inquisition, l’on osait incriminer des espérances, des désirs, des pensées. « Le soussigné n’a parlé jusqu’à présent que de la Sardaigne et de l’Allemagne, dont ces attentats et ces complots menaçaient la sécurité. Mais la France elle-même n’est-elle pas éminemment intéressée dans cette importante question de droit international, lorsqu’il est avéré que les réfugiés en Suisse sont en rapport avec les anarchistes français, lorsque leurs indiscrétions attestent si évidemment la connaissance qu’ils ont des abominables projets des régicides, lorsqu’enfin il est démontré que leurs desseins se lient tout au moins d’intention et d’espérance aux crimes récemment tentés en France? »[1] La note demandait ensuite au gouvernement fédéral de soumettre à la Diète les moyens les plus propres à assurer, dans chaque canton, l’accomplissement des mesures prises contre les réfu-

  1. Nous engageons vivement le lecteur à voir aux documents historiques, n°2, cette note, qu’on ne saurait trop méditer.