Page:Blanqui - Cours d’économie industrielle 1837-1838.djvu/88

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part des chefs de fabrique, sans s’inquiéter de la nature de leurs débouchés se mettent à fabriquer à tout hasard sacrifiant ainsi à un dieu inconnu comme ferait Lyon, s’il produisait sans s’inquiéter de ce qui se passe aux États-Unis. Cet argument le reporte tout naturellement à réclamer ces mêmes lois qui, en mettant des bornes à la division du travail et au développement de l’industrie, prohibaient l’intelligence et forçaient un pauvre diable à faire un apprentissage indéfini pour arriver à l’état de maître à l’âge de 35 ans. Le remède n’est pas là, à mon avis ; la liberté d’industrie a été proclamée mais on a maintenu les douanes ; c’est-à-dire qu’on nous a donné la faculté de produire sans nous donner celle d’écouler nos produits, et c’est ainsi que l’on nous a forcé à sacrifier à un dieu inconnu. La liberté du commerce est une conséquence corrélative de la liberté industrielle ; et la suppression des douanes en est la déduction mathématique et naturelle. Telle est la solution de la question des encombrements et des crises périodiques. La difficulté ne commence que lorsqu’il s’agit des produits appartenant à tous les pays. Ce sera le sujet d’une autre séance.