Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/187

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eut pénétré le ridicule et la malice exécrable de cette vieille chienne qui devint alors belle-mère par un décret mystérieux de la Providence redoutable.

La vaillance de l’épouseur fut généralement admirée.

La cérémonie était à peine achevée que celui-ci fort indépendant, ayant déclaré sa volonté ferme de s’éloigner immédiatement avec sa femme par un train rapide, tout le monde avait pu voir que cette résolution, concertée sans doute, n’affligeait pas le moins du monde la jeune épousée qui avait paru n’accorder qu’une attention vague aux gémissements ou reproches maternels.

Madame Durable, outrée de l’indignation la plus généreuse, était donc rentrée dans sa maison solitaire en méditant de sacrées vengeances.

Non, cependant. Le mot de vengeance ne convenait pas. C’était de punir qu’il s’agissait.

Cette mère outragée avait le droit de punir. Elle en avait même le devoir, pour que force restât au quatrième commandement de la loi divine.

Dès lors, tout moyen devenait bon, l’intention pieuse allait parfumer les plus vénéneuses manigances.

En exécution de ce louable dessein, la martyre fut désormais attentive à procurer, par tous les micmacs et tous les trucs, le déshonneur de son gendre et le déshonneur de sa fille.