Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/195

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septième printemps, il ne s’opposa pas vertueusement au bouc tentateur, mais s’appliqua de son mieux à le décevoir, chaque fois qu’il pointait sa corne, pour ne pas être victime de l’atroce perfidie des femmes.

Enfin, ce savoureux imbécile eut, dès l’origine, quelque chose qui donnait l’illusion de la profondeur. Il fut un bâtard de l’ombre, comme eût dit Hugo, un fœtus de l’opacité, et il eut toujours l’air de flotter dans un bocal de ténèbres.



Un jour, cependant, il se maria. Les affaires sont indiscutablement les affaires et la prospérité de la raison commerciale « Aristobule et fils » exigeait impérieusement qu’une héritière confortable entrât dans son lit, jusqu’alors ignorant des promiscuités.

On ne saura probablement jamais ce qui fut accompli dans cette couche mystérieuse. Mais un grand nombre de particularités, relevées avec une exactitude scrupuleuse, donnent à penser que les molécules des époux durent se combiner un peu moins souvent que n’arrive la précession des équinoxes.

Mode conjugal qui n’empêcha pas Aristobule d’être dévoré d’une jalousie de marcassin, dont l’effet admirable fut de déniaiser sa bourrique de femme, infini-