Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/206

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Elle venait de se rappeler l’appareil téléphonique possédé par M. Vertige. Cet appareil l’avait souvent réveillée la nuit, et c’était un de ses griefs innombrables.

Elle s’en était vengée en faisant servir à diverses fourberies cet irresponsable véhicule des turpitudes ou des sottises contemporaines. Un assez grand nombre de fois, M. Vertige avait reçu des rendez-vous dérisoires qui le forçaient à s’absenter pendant des heures dont profitait audacieusement sa femme. Au bureau central, on devait le croire surchargé d’affaires. Les blagues avaient même été si loin qu’on pouvait craindre désormais un parti-pris de ne plus répondre.

Pleine d’un dessein mystérieux, madame Presque s’élança donc à la plus prochaine cabine et demanda communication.



J’ouvre ici une parenthèse, complètement inutile d’ailleurs, pour déclarer que le téléphone est une de mes haines.

Je prétends qu’il est immoral de se parler de si loin, et que l’instrument susdit est une mécanique infernale.

Il est bien entendu que je ne puis alléguer aucune preuve de l’origine ténébreuse de cet allonge-voix et que je suis incapable de documenter mon affirma-