Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/37

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même quittance à des escadrons de locataires.

Pas un titre, pas une valeur, rien de rien, excepté la fameuse bouteille de rhum vidée par les étrangleurs.



Comme ceci est à peine un conte, j’ai le droit de ne pas promettre une conclusion plus dramatique. Je le répète, je n’ai voulu que donner mon témoignage, le seul, très probablement, que puisse espérer l’ombre courroucée du mort.

Qu’il me soit donc permis de résumer en quelques lignes les paroles assez curieuses qui me furent dites, en diverses fois, par ce solitaire ordinairement silencieux.

Je ne crois pas que je sentirai jamais un si noir frisson qu’en ce lointain jour où, côte à côte sur un banc du Jardin des Plantes, il me fit entendre ceci :

— Mon avarice vous fait peur. Eh bien ! mon petit homme, j’ai connu un prodigue, d’espèce moins rare qu’on ne pense, dont l’histoire vous donnera peut-être l’envie de baiser mes loques avec respect, si vous êtes assez doué pour la comprendre.

Ce prodigue était un maniaque ― naturellement. C’est toujours facile à dire et cela dispense de tout examen profond. C’était même, si vous voulez, un monomaniaque.