Page:Bloy - Je m'accuse, La Maison d'Art, 1900.djvu/130

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Voyons ! que veut-on que pense un brave homme d’officier peu informé ou même très informé, lisant une telle phrase à Philippeville, à la Pointe-à-Pitre ou à Chambéry ? Il pensera naturellement, invinciblement, qu’on a raison de dire qu’il y a une conspiration contre l’armée et que le Dreyfus de ces messieurs, même en le supposant innocent du crime de trahison, est, tout de même, entre leurs mains, un prétexte et un instrument.

« Ce mannequin sinistre », écrit, le même jour, à vingt centimètres d’Urbain, l’oraculaire Clémenceau. Aveu bizarre et inhumain ! Les bras tombent quand on lit ces choses !

Avez-vous lu les chapitres généalogiques de la Genèse, des Paralipomènes ou d’Esdras ? Eh bien ! voilà, si vous voulez le savoir, ce que notre Crétin a entrepris, chap. ii, livre sixième de Fécondité. Il n’y avait personne pour le surveiller à ce moment-là. Il dénombre, en les appelant par leurs noms, les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de l’homme fécond. C’est inouï, c’est à crever, c’est à faire éclater des éléphants !