Page:Bloy - Je m'accuse, La Maison d'Art, 1900.djvu/168

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Cela excède la capacité du cerveau contemporain.


Cette affaire Dreyfus, d’ailleurs, dont j’ai parlé fort à contre-cœur, uniquement à cause de Zola, est, sans contredit, une des plus étranges du monde. Je ne dis pas des plus grandes, mais des plus étranges.

De même que les catastrophes célèbres, elle a servi à cribler les âmes. Déchet immense, épouvantable. On a su le nombre infini des imbéciles, des lâches, des renégats, des esclaves, des prostitués, des bourreaux, et que ce nombre est également réparti des deux côtés.

Comme si quelque chose de profond et de tout à fait intime était en danger, on a vu des multitudes perdre la raison, non seulement en France, mais en Europe et par toute la terre. Je cherche une époque où le délire du mensonge, de la sottise furieuse et de la férocité hypocrite ait été plus universel.

Tout cela dépasse infiniment le capitaine juif et ressemble au prodrome du Cataclysme. Depuis que l’immonde et stupide