Page:Bloy - Je m'accuse, La Maison d'Art, 1900.djvu/74

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ajoutez-vous, à côté d’un si grand rôle, et lorsqu’on a un si puissant levier (!), l’imbécile roman Fécondité ? » Oui, n’est-ce pas ? qu’importe qu’un soi-disant écrivain ait pourri des milliers de cœurs, avili la langue française et l’esprit français ; qu’importe qu’en ce moment même, il outrage Dieu chaque jour, en trois cents lignes, s’il a gueulé ou paru gueuler pour Dreyfus ? Soit, mais, alors, que pouvez-vous penser de l’auteur du Salut par les Juifs qui a tout sacrifié pour des choses de si peu d’importance, sinon qu’il est un idiot ou un vil phraseur ?

« Léon Bloy. »


12. — C’est Vaughan qui ne doit pas rire ! Il doit même y avoir de belles imprécations, chaque soir, à la rédaction, quand il faut faire de la place à ce feuilleton en enfance dont l’effrayant, l’homicide ennui est, de jour en jour, plus intolérable. La turpitude même s’y raréfie. Cela devient un très bas potin monotone, perpétuel et sans issue, dans un monde platement abject où la stupidité morne et le goujatisme comateux sont équilibrés par l’inexistence de tous les personnages sans exception.

Prenez garde ! gens de l’Aurore. Vous allez embêter le peuple !