Page:Bloy - Je m'accuse, La Maison d'Art, 1900.djvu/73

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À un ami :


« … J’espère, cependant, que quelques-uns me rendront justice, lorsque la surprenante infamie de Zola sera vue dans son plein, lorsque les amis ou admirateurs prétendus de l’heure actuelle seront forcés de le repousser dans les latrines profondes d’où il est sorti, — ce qui doit certainement arriver beaucoup plus tôt qu’on ne pense.

« Déjà le misérable s’est à moitié trahi dans la lettre, monstrueuse d’outrecuidance, intitulée Justice, où ce triple sot, gavé comme une volaille depuis trente ans, parle des « tortures de son exil » — à lui ! — et des amertumes, dont sa vie littéraire fut « abreuvée ». Quel répugnant et hideux tartufe ! Vous verrez la suite. Alors, peut-être, — mais non pas sans honte et sans horreur — vous souviendrez-vous de Léon Bloy dont vous aurez méprisé les avertissements.

« Vous êtes hypnotisé au point de m’écrire que l’affaire Dreyfus est « le plus grand drame historique du siècle » !!! égalant au moins, par conséquent, ce remuement de merde à l’Épopée Napoléonienne ; à la guerre franco-allemande ; à ce torrent de sang noir qui est l’histoire si mystérieuse et si peu connue de Naundorff, etc. C’est du délire.

« Vous trouvez la preuve d’une vraie « grandeur » dans J’accuse. Alors je ne comprends plus du tout pourquoi vous me lisez et pourquoi vous dites m’admirer. Vous n’en avez pas le droit. « Qu’importe,