Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/202

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


les ténèbres denses, la peur verte, et j’ai compris de bonne heure que je ne devais pas répercuter autre chose que des hurlements de damnation.

— Sans doute ! conclut Gacougnol, on fait ce qu’on peut. Je vous en prie, mon cher Bohémond, ne retardez pas davantage Monsieur Crozant.

— Oh ! ce ne sera pas long, reprit celui-ci. Je n’ai nommé l’illustre et le lucide écrivain, dans les jupes de qui je m’honore d’avoir passé une partie de mon enfance, que pour expliquer précisément l’espèce de méthode qu’on peut entrevoir dans ma fureur démoniaque. Monsieur de L’Isle-de-France a touché le vrai point, quand il a parlé de possession. Je suis réellement un possédé. Mes hôtes habituels sont le démon des Apparences lugubres, le démon des Inhumations équivoques et des poings rongés dans les tombeaux, le démon des Cryptes marécageuses et des Puits noirs, enfin le démon de la Panique, du Trac sans mesure et perpétuel que rien ne pourrait guérir.

— Il pourrait ajouter le diable de la Sottise ! murmura Druide à l’oreille de Bohémond.


XXVIII


Cette manière d’être, moins rare qu’on ne l’imagine, est due, très certainement, à ce que je demande la permission de nommer la complicité des ambiances. Oui, Monsieur, insista l’orateur, s’adressant à Druide cabré