Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/224

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tomber. Ne te semble-t-il pas qu’il y a quelque chose d’un peu troublant dans cette circonstance de congédier la lumière, au moment même où on va servir un ragoût du ciel ?

— Glose puérile et sophisme odieux ! rugit le convulsionnaire. Pourquoi ne pas dire tout de suite, — comme l’ont insinué d’impurs cafards de Genève ou de Saint-Sulpice, — que l’obscurité dont tu parles fut calculée pour mettre à l’aise les frôleurs ou les tripoteurs que détraque le violoncelle ?

— Hé ! hé ! fit Marchenoir.

— … Oui, sans doute, cette idée ne te déplaît pas. Eh ! bien, je dis que c’est une honte de chicaner à un grand homme ses moyens d’action. En cette matière il est et doit être seul juge, et les commérages ou clamitations marécageuses d’une provisoire humanité ne valent pas les quelques secondes qu’on perdrait à s’en ébahir. Pour ce qui est de la Liturgie…

— Laissons cela, Bohémond, reprit Marchenoir, le coupant raide. Aussi bien ne pourrions-nous jamais nous entendre. Tu me dirais des injures dont ta noblesse te forcerait bientôt à me demander pardon et nous en serions l’un et l’autre très malheureux. À quoi bon tant de mots ? Nos voies sont diverses. Tu savais, d’avance, qu’il est impossible de faire de moi un sectaire et j’ai renoncé depuis longtemps à te faire comprendre quoi que ce soit. Ton génie a dévasté ta raison ; c’est un chérubin au glaive de feu qui empêche ton intelligence de réintégrer