Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/282

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savoir de Jésus, quand la « servante » l’interroge. Il a trop peur qu’on le soufflète, lui aussi, et qu’on lui crache au visage !

Combien en faudra-t-il encore de ces reniements, pour que se décide enfin à chanter le « Coq » de France ? Car c’est la France qui est désignée par le Texte Saint. La France dont le Paraclet a besoin ; la France où il se promène comme dans son jardin, et qui est la Figure la plus expressive du Royaume des cieux ; la France réservée, quand même, et toujours aimée par-dessus les autres nations, précisément parce qu’elle paraît être la plus déchue, et que l’Esprit vagabond ne résiste pas aux prostituées !

Ah ! si ce Pape, qui ne sait pas mieux que les vils accommodements de la politique, avait l’âme des Grégoire ou des Innocent ! que ce serait beau !

Voyez-vous Léon XIII jetant l’Interdit sur les quatre-vingts diocèses de France, un Interdit absolu, omni appellatione remota, jusqu’à l’heure où tout ce grand peuple sanglotant demanderait grâce.

… Entendez-vous, à minuit, le glas de ces cloches qui ne tinteront plus désormais. Le Cardinal-Archevêque, accompagné de son clergé, pénètre silencieusement dans la Cathédrale. D’une voix lugubre, les chanoines psalmodient, pour la dernière fois, le Miserere. Un voile noir cache le Christ. Les Reliques des Saints ont été transportées dans les souterrains. Les flammes ont consumé les derniers restes du Pain sacré. Alors, le légat couvert de