Page:Bloy - Le Salut par les juifs, 1906.djvu/144

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Théologie, sont irrémédiablement amarrés à la circonstance précise du péché dont ils sont impénitents, quand la mort vient les y surprendre.

Je n’ai jamais dit autre chose et je crois même avoir assez entr’ouvert sur les lieux obscurs cette porte blême de l’Irrévocable.

Mais le « Ver » de leur damnation les rongeait à l’intérieur, depuis très-longtemps, lorsqu’il apparut. Car l’essence, des choses ne dévie pas, les plus atroces pervers n’ont pas le pouvoir de supplanter leur propre nature et il serait contraire aux arrangements indéclinables de Dieu que les Juifs n’eussent pas toujours été, substantiellement, ce qu’on les voit être aujourd’hui, et cela dès l’origine, — jusque dans les flancs d’Abraham qui les a tous engendrés.

L’immensité de ce Nom, béni au-dessus de tous les noms, et la sainteté colossale du Patriarche n’y peuvent rien.

Que dis-je ? Ne donnent-elles pas justement, pour l’effroi de la pensée, quelque mesure appréciable de la chute en avalanche de ses innombrables enfants qui ne cessent de dégringoler au travers de l’histoire humaine, en rebondissant contre toutes les parois sonores ?