Page:Bloy - Le Salut par les juifs, 1906.djvu/68

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On est tenté de les croire incohérents ou capricieux parce qu’ils se précipitent quelquefois les uns sur les autres et qu’ils semblent tour à tour se dévorer ou s’enlacer amoureusement. Quand on les regarde avec fixité, ils se compénètrent soudain et se coalisent en un seul front pour se multiplier derechef aussitôt qu’on s’efforce de les saisir.

Et quand, plein de lassitude, on s’en détourne pour contempler de vaines ombres dans les miroirs énigmatiques de cet univers, ils arrivent insidieusement, comme des obsesseurs très-subtils, et ils environnent l’esprit de leurs tranchées silencieuses…

On a beau savoir qu’ils sont les flots d’un identique Océan et qu’ils ne peuvent rompre les digues de l’Unité absolue, l’ondoyance perpétuelle de leurs aspects et le conflit apparent de leurs couleurs déconcertent infailliblement l’orientation la plus attentive.

Il faut prendre son parti de n’obtenir jamais que d’intermittents éclairs, car Jésus lui-même, venu, disait-il, pour tout « accomplir », ne s’exprima qu’en paraboles et similitudes.

L’interprétation des Textes sacrés fut autre-