Page:Bloy - Le Sang du pauvre, Stock, 1932.djvu/168

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a rien coûté que la honte de le recevoir d’un père qui était probablement un bandit, vous le devez rigoureusement aux indigents, et vous ne pouvez le retenir sans être le plus lâche et le plus abominable des coquins… Ah ! vous ne sortirez pas d’ici avant de m’avoir entendu jusqu’au bout. Vous êtes venu comme cela en amateur, pour vous égayer de la misère d’un artiste fier qui vous comblerait d’honneur en vous invitant à lui décrotter sa chaussure, probablement même dans l’immonde espoir d’abuser de sa détresse ! Il est trop juste que vous m’entendiez, que cela vous plaise ou non. Je le répète, vous êtes une canaille, une lâche et sale canaille, infiniment au-dessous des cambrioleurs assassins qui, du moins, risquent leur peau ou leur liberté. Vous opérez ignoblement avec la complicité des gendarmes et des magistrats. Que l’argent, dont vous êtes le sac, ait été laissé par votre père ou que vous l’ayez volé vous-même, vous avez le devoir de le restituer aux victimes et vous le savez très-bien, si vous n’êtes pas un imbécile. Mais, à supposer que vous en fussiez le possesseur