Page:Bloy - Le Sang du pauvre, Stock, 1932.djvu/38

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tout le sang des hommes et vous ne me l’avez pas donné à boire ; j’étais étranger autant qu’un Dieu et vous ne m’avez pas accueilli comme tel ; j’étais nu de l’inexprimable nudité du premier mortel et vous ne m’avez pas vêtu de gloire pour l’éternité ; j’étais infirme de vos désobéissances et mis en prison pour tous ceux qui ne se croyaient pas des captifs, et c’est à peine si deux ou trois cœurs blessés d’amour m’ont visité…

Application téméraire et pourtant certaine du plus redoutable des Textes saints. Il y a des hommes, innocents ou criminels, en qui Dieu semble avoir tout mis, parce qu’ils prolongent son Bras et Napoléon est un de ces hommes.

Je le vois encore et toujours, comme il y a cent ans, penché sur la carte du monde — la carte d’alors — disposant tout pour le Jugement universel, exactement comme le négociant qui fait ses comptes. Car tel est l’unique soin de toute créature à la ressemblance de Dieu : Préparer le Jugement universel.

— L’Angleterre doit disparaître. Les États scandinaves subsisteront, vaille que vaille, pour