Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/172

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

de grâce au prêtre qui daignera lire devant la bière où je serai enseveli, les prières des morts. Mais que l’on ne répète pas que, moi aussi, j’ai reçu les derniers sacrements, car je suis incapable d’un si grand sacrilège (???). Que si, agonisant ou décédé (!), le prêtre arrive jusqu’à moi et fait le simulacre des rites de l’Extrême-Onction, je proteste d’avance… La religion consiste moins, à mon humble avis, dans la croyance aux dogmes et à la révélation que dans la règle de vie, dans la conscience morale des générations façonnées par la tradition de l’Église catholique, apostolique et[1] romaine, Église où je suis né et où je mourrai. »

Admirable conclusion ! — Je suis de cœur avec tous les hérétiques et schismatiques, dont je viens de réavaler devant vous le séculaire vomissement ; mais, tout de même, je prétends crever dans le giron de l’Église Romaine que je soutiens comme une ferme colonne.

  1. Cette conjonction, à l’usage exclusif des gens très-humbles, n’est pas admise dans la langue officielle de la Cour de Rome. Dans la langue de M. Soury, c’est autre chose.