Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/197

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traire, sans relâche, contre les préjugés convenables et la lèpre journalistique. Faites-moi l’amitié de me relire et vous verrez que, sous cette forme populaire, la théorie individualiste et aristocratique déborde, éclate tout le temps. Ça n’est pas tolstoïsant du tout. Dire que je ne suis pas travaillé par une violente pitié serait faux. Évidemment j’ai envie de prendre parti pour les Écrabouillés tout en cognant dessus, pour ceux qui sont, comme vous dites, « dans les ténèbres ». Mais j’ai conscience ici d’obéir à la mission traditionnelle de l’Aristocrate qui est de défendre le Peuple contre ses ennemis et, au besoin, contre lui-même. L’Histoire m’approuve, en la personne des Paladins et des Chevaliers.

Le mythe de la veuve et de l’orphelin est à ressusciter. Quoi que vous puissiez croire, je m’y emploie. Seulement, pour une telle mission, il me faut évidemment descendre dans les fosses d’aisances où vagit et se désole la masse, et si, en remontant, je n’en sauve qu’Un, un Aristocrate Inconnu, celui-là aura mérité la lumière et la vie et ma tentative n’aura pas été inutile.

Non, je ne veux pas plaire. Autrement je gagnerais beaucoup d’argent, en me servant de mon nom, et en changeant mon genre, en truquant comme n’importe quel Aristide Bruant, en faisant des besognes